LE DIRECT

L'HEBDO DES IDEES 2

4 min
À retrouver dans l'émission

Cette rubrique ayant pour vocation d’ouvrir un peu les fenêtres de l’Hexagone, en vous proposant des lectures, nous y souhaitons la bienvenue à deux entreprises éditoriales originales. Une maison d’édition suisse, basée à Genève, Markus Heller, et une collection, Washington Square, créée chez François Bourin, par Julien Charnay, un jeune homme qui vit entre Paris et New York. Dans les deux cas, il s’agit de mettre à la disposition d’un public francophone des oeuvres majeures de la philosophie politique, de la critique sociale ou des sciences humaines, traduites de l’anglais, pour l'essentiel.

Markus Heller a publié des essais aussi fondamentaux que « La course au luxe » de Robert H. Frank (l’inventeur de l’expression rebattue « the winner-take-all society »), ou encore la formidable histoire du mot démocratie par John Dunn, intitulée « Libérer le peuple ». Il publie ce lois-ci « Anatomie de la rumeur », de Cass R. Sunstein. Le magazine Books publiera en octobre des extraits du livre de Sunstein, un prof d’Harvard, qui s’est mis en congé sabbatique pour rejoindre l’équipe d’Obama, à la Maison Blanche.

La collection Washington Square , de son côté, publie deux livres que j’ai vu citer une douzaine de fois comme des classiques, « Un refuge dans ce monde impitoyable » de Chritopher Lasch , et « Le style paranoïaque. Théories du complot et droite radicale en Amériqu e » de Richard Hofstadter. Christopher Lasch, le célèbre auteur de La Culture du narcissisme et de La Révolte des élites, qui est l’auteur préféré de Jean-Claude Michéa, montrait comment la famille américaine avait été déstabilisée par l’intrusion des experts. Hofstadter étudiait comment naissent et se propagent les théories du complot. Deux classiques, vous dis-je

Virgule

Le centre a-t-il un avenir politique en France ? C’est la question qui taraude Jean-Louis Borloo, qui vient de lancer son UDI. Mais qu’en est-il des centres en Europe ? Hé bien, ça dépend où. En Grande-Bretagne, les libéraux-démocrates, tiers-parti entre travaillistes et conservateurs, mais alliés à ces derniers au sein d’un gouvernement de coalition, paient très cher cette alliance. Ils avaient obtenu 24 % des suffrages aux législatives de 2010. Si des élections avaient lieu en cette rentrée, ils n’en obtiendraient que 10 %. Et leur groupe parlementaire, actuellement 57 députés, serait réduit à une dizaine. Pourquoi cette érosion ? Peter Kellner tente d’y répondre dans Prospect. D’abord, les électeurs libéraux-démocrates, contrairement à ceux qui appartiennent aux camps travailliste et conservateur ne s’identifient pas, majoritairement, avec ce parti. Ils votent lib-dem, par désillusion envers les deux autres. C’est un vote de circonstance et non d’adhésion. Ensuite, le leader Nick Clegg paie le prix d’une alliance avec un parti, dont il ne partage en rien les vues sur des sujets aussi essentiels que l’Europe, ou la politique migratoire. En outre, il n’a obtenu aucune des réformes constitutionnelles qu’il souhaitait. Il apparaît comme le dindon de la farce.

Aux Pays-Bas, par contre, ce sont les partis centristes qui viennent de remporter les élections, alors que bien des experts prédisaient un raz-de-marée du Parti socialiste, euro-sceptique. C’est le grand retour du centre pro-européen, diagnostique Rene Cuperus, dans un papier pour le think tank Policy Network , de centre-gauche, intitulé « The magical return of the political centre ». Les libéraux du VVD demeurent le premier parti du pays, en emportant 41 sièges, mais les sociaux-démocrates pro-européens emmenés par Diederick Samson, sont au coude-à-coude, avec 39. Les populistes de Geert Wilders perdent, eux, 9 sièges, les écologistes de gauche dégringolent. Les électeurs ont-ils voulu voter contre les sondages, qui prédisaient tous une avance des partis euro-sceptiques ? Ont-ils été sensibles aux exposés « honnêtes et complexes » de la situation, faits par le leader social-démocrate ? En tous cas, estime Rene Cuperus, « le centre a démontré qu’il pouvait battre les flancs populistes ». Mais pour ce faire, les deux partis pro-européens ont dû radicaliser leur discours, les libéraux en se droitisant, les sociaux-démocrates en marquant les socialistes. Ce qui rendra difficile l’action du gouvernement de coalition qui se prépare. En tous cas, il sera, contrairement au gouvernement de coalition britannique, uni sur la question européenne.

L'équipe
Production
Réalisation

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......