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Michael Sandel

4 min
À retrouver dans l'émission

Bonsoir.

Un professeur de morale à Harvard est en train de devenir une star en Asie. Michael Sandel s’est fait connaître par un essai, « le libéralisme et les limites de la justice », dans laquelle il critiquait comme hors-sol et procédurales les thèses développées par John Rawls ce qui l’a rapproché du courant communautarien.

Si en Chine, au Japon, ou en Inde, il remplit les stades, c’est parce qu’il développe avec les foules une forme très neuve de dialogue socratique. Il part de questions très concrètes, puisées dans la vie quotidienne locales pour développer les thèmes de ses conférences il utilise des écrans géants et fait circuler des caméras vidéo dans la foule, pour développer la participation du public.

« Il y a en ce moment, à travers le monde, un profond appétit pour la réflexion philosophique, confie Sandel au journaliste Edward Luce. Du Brésil à l’Inde, en passant par l’Europe, il existe une véritable frustration face aux termes dans lesquels est mené le débat public, observe-t-il. Dans son dernier livre, What money can’t buy. The moral limits of markets, il critique le passage d’une économie de marché à une société de marché et s’en prend aux économistes qui, dit-il, « connaissent le prix de tout et la valeur de rien ».

Il relève que ses thèses sont reçues avec faveur partout où il se produit, sauf en Chine et aux Etats-Unis. Dans ces deux pays, dit-il, l’idée d’opposer au marché, des limites morales passe mal. C’est autant l’idée de limite qui déplaît que celle qu’on puisse juger en termes moraux un contrat librement consenti. Sandel déplore qu’aux Etats-Unis, les questions morales, abandonnées par la gauche, aient été trustées par la droite chrétienne. Mais le journaliste qui l’interroge pour le FT, fait remarquer non sans malignité qu’il fait payer très cher, aux organisateurs, ses conférences sur la morale…

L’un des sujets qui passionne les think tanks, cette semaine ? Les menaces de guerre atomique lancées par le régime stalinien de Corée du Nord contre les Etats-Unis. Sur le site français Telos, on estime qu’il ne faut pas prendre trop au sérieux ces gesticulations. D’abord parce que le pays, s’il dispose en effet de missiles et de capacités nucléaires limitées, n’a, en tout cas, pas les moyens d’une véritable guerre nucléaire – qui suppose une possibilité de « seconde frappe ». Ensuite, parce que la rhétorique guerrière utilisée par le jeune dictateur héréditaire du prolétariat nord-coréen est probablement destinée à donner le change, après la purge des éléments les plus belliqueux , qu’il vient de conduire dans le parti unique et dans l’armée. Ce qui est véritablement en jeu, c’est l’aide que Pyongyang a déjà apporté à Téhéran dans le domaine des armes nucléaires. L’Iran, allié de la Corée du Nord, est soupçonné d’avoir financé les 3° essais nord-coréens dans ce domaine, pour progresser dans son acquisition de ces dangereux armements.

Sur le site du Carnegie Endowment for Peace, américain, est préconisée la poursuite de la politique patiente et prudente, adoptée par le président Obama envers Pyongyang. Mais elle pourrait se traduire par l’aggravation des sanctions déjà prises envers ce pays, si ses provocations devaient se poursuivre.

Sur le site britannique Chatham House, on estime que la Corée du Nord est, contrairement à l’opinion reçue, un « acteur rationnel », qui use de provocations pour obtenir des concessions : sa reconnaissance au plus haut niveau par les Etats-Unis. Reste que le jeune dictateur pourrait être tenté par une surenchère qui prendrait, par exemple, la forme d’un lancement de missile le 15 avril, jour de l’anniversaire de son grand-père, fondateur de cet étrange régime communiste. Si jamais, mal guidé, une telle arme venait à tomber sur le Sud, le Nord s’exposerait à de sévères représailles de la part des Etats-Unis, avertit l’auteur.

Le ton est plus sévère encore du côté de la Brookings Institution, où l’on exhorte le président Obama à faire payer le prix de ces dangereuses provocations, tout en soulignant qu’il ne s’agit peut-être que d’alarmer les alliés chinois, afin de les pousser à obtenir, à l’ONU, la levée des sanctions frappant la Corée du Nord.

Tous les liens sont disponibles sur le site de l’hebdo des idées. Bonne fin de semaine sur FC et à lundi aux Matins.

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