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Modèle nordique, révolution numérique

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Le modèle nordique fait l’objet, ces temps-ci, d’intenses discussions sur la Toile. Sur le magazine de gauche américain Dissent, Joseph Schwartz s’amuse de voir l’hebdomadaire libéral The Economist , se mettre à faire l’éloge du Danemark, de la Suède, de la Finlande et de la Norvège. Aux yeux de the Economist, les pays du Nord de l’Europe incarnent un « modèle centriste », parce que leurs budgets sont à l’équilibre, qu’ils ont réformé leurs Etats-providences en offrant aux assurés sociaux un vrai choix entre plusieurs services et qu’ils favorisent une économie moderne, fondée sur la prise de risques entrepreneuriale.

Mais, rétorque le chroniqueur de Dissent, The Economist passe sous silence le rôle décisif des syndicats dans un modèle social qui a su résisté à la course au moins-disant salarial que subissent tant d’autres il ne voit pas non plus le rôle de la féminisation des sociétés nordiques, qui a permis une intense mobilisation du travail des femmes. Le modèle nordique a, certes, accompagné une modernisation de l’économie qui est passée par la fermeture de nombreuses entreprises périmées mais s’il a pu le faire sans drame, c’est parce que l’indemnisation du chômage y est généreuse et parce que les programmes de formation sont efficaces. Le modèle nordique, poursuit-il, assure un service de santé, de prise en charge du jeune enfant et un niveau d’éducation, tous de grande qualité - et surtout universels.

Les social-démocraties nordiques, en effet, ont refusé de s’engager dans la voie des prestations sous conditions de ressources , qui ont entraîné une dégradation dans les pays comme la Grande-Bretagne. En effet, remarque Joseph Schwartz, lorsque les prestations sociales ciblent les plus défavorisés et leur sont réservées, elles rencontrent l’hostilité des classes moyennes qui n’en bénéficient pas ; des pressions s’exercent alors pour qu’on leur consacre moins d’argent. A méditer.

Qui a dit que le geek est inculte ? L’essai de Jean-François Foget et Bruno Patino, La condition numérique, qui sort la semaine prochaine chez Grasset, mêle en permanence les références aux meilleurs penseurs de la révolution numérique aux réflexions issues de la culture humaniste. C’est que, justement, La condition numérique fait le point sur les colossales métamorphoses que subissent notre culture, nos média, nos manières de vivre, sous l’influence de la révolution.

Le livre de notre ancien directeur, devenu un des patrons de France Télévision, prend à rebours bien des idées reçues : non, internet ne simule, ni ne se substitue au réel, comme Baudrillard l’avait cru au contraire, il offre d’y intervenir avec une efficacité redoublée. Non, internet ne nous ouvre pas des horizons inédits susceptibles de remettre en cause nos petites certitudes au contraire, les algorithmes produisant « comme une boucle à rétro-effet », les moteurs de recherches nous servent ce qu’ils croient correspondre à nos attentes, nous enfermant ainsi dans une « auto-propagande ». Etc.

Pour finir sur le même sujet, un papier très stimulant du toujours surprenant économiste Tomas Sedlacek sur le site The European. D’après cet article, nos économies, qui ont déjà basculé, du monde matériel, the world of things, le « monde des choses », au monde de la pensée, « the world of think », vont aborder le nouveau monde, celui du virtuel. Déjà, dans la nouvelle économie numérique, les gagnants ne sont pas ceux qui vendent quelque chose au consommateur, mais ceux qui vendent… les consommateurs eux-mêmes, avec leurs désirs, leurs aspiration à des pourvoyeurs de services, ludiques de préférence. Les industries du divertissement sont, en effet, en avance d’une révolution . « L’acteur économique de l’avenir est un joueur, émotif, attentif à la nouveauté, éducable ».

Toutes les liens sont en ligne sur le site de L’Hebdo des Idées.

Bonne fin de semaine et à lundi aux Matins.

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