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Obama versus Romney : Where is the beef ?

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Ainsi 67 % des Américains sondés donnent Mitt Romney vainqueur d’Obama à l’issue de leur face-à-face de Denver. Un article de The New Republic, dont Courrier International publié de larges extraits y voit l’affrontement de deux archétypes : le fils sans père, « enfant du mérite », qui « s’est construit lui-même à partir de rien », versus le mormon, fils à papa, qui s’est vu offrir « une destinée toute tracée ». Certes, les élections américaines se jouent, plus encore que les nôtres, sur le heurt de personnalités, mais cette fois-ci, on ne peut s’empêcher de penser que cette mise en scène tente de masquer la pauvreté des programmes.

Si d’ordinaire, les présidentielles américaines nous passionnent, c’est parce qu’elles sont l’occasion de tester de nouvelles idées, de nouveaux modes d’expression : Bill Clinton avec son « welfare to workfare » et « it’s the economy, stupid ». Mais on n’oublie pas le « Morning again, America » de Reagan et bien sûr, « Yes, we can ! » d’Obama 2008. Cette fois-ci, le clan Obama joue la défensive et personne ne peut créditer Mitt Romney d’avoir inventé la poudre. A la question : « quelles raisons avons-nous de voter Obama ? », le vice-président Joe Biden répond : « Ossama Ben Landen est mort et General Motors est en vie ». C’est peu. « The magic is gone », écrit Ross Douthat dans le New York Times. La gauche est déçue : Obama n’a pas fermé Guantanamo, ni mis Wall Street au pas. De là à voter pour un Mitt Romney, qui « ressemble au type qui a licencié votre père », comme l’a dit l’humoriste Jon Stewart dans son Daily Show...

L’économie américaine reste malade malgré les « mesures non conventionnelles » de la FED, les injections massives de crédits empruntés dans l’économie, la machine américaine à créer des emplois continue à tourner au ralenti. Un Américain sur six vit au-dessous du seuil de pauvreté, la classe moyenne s’est appauvrie du fait de la baisse des prix de l’immobilier, le taux de chômage se maintient aux alentours de 8 %, alors même que nombre de demandeurs d’emplois renoncent à s’inscrire. Les recettes du candidat républicain, qui prétend baisser les impôts, mais n’explique pas comment le faire sans creuser davantage le déficit, convaincront-elles l’électorat hésitant ? En politique étrangère, les deux candidats tapent sur la Chine. Romney est plus ferme envers l’Iran qu’Obama. Il cherche à exploiter le retournement des printemps arabes contre les Etats-Unis et accuse le président sortant de faiblesse. Mais sur le fond, les différences entre eux sont peu significatives, comme l’écrit Anna Dimitrova sur le site affaires-stratégiques. Info. Sur celui de la Brookings, Michael O’Hanlon analyse les programmes militaires. Obama prévoit une modernisation accélérée de l’US Air Force et la livraison, à la Navy, de 9 bâtiments de guerre chaque année, compensés par des coupes dans les forces terrestres – économies budgétaires que Romney refuse.

Répandre les « bonnes pratiques », mettre en application chez soi les idées qui ont l’air de marcher chez les voisins, l’Europe est faite pour ça. Mais copier mécaniquement les recettes que l’on croit avoir comprises peut donner lieu à de fâcheuses déconvenues. C’est le sens de l’étude publiée par Jacqueline Hénard «[ L’Allemagne : un modèle mais pour qui ?]() » sur le site la fabrique de l’industrie. La décision économique en Allemagne, explique-t-elle, est décentralisée elle est largement l’affaire des Länder. Il n’y a pas, comme en France, de stratégie économique nationale, pensée en haut lieu. Les recettes allemandes ne sont donc pas transposables telles quelles dans un cadre complètement différent. A lire aussi, un papier d’Ulrike Guerot, autre spécialiste du franco-allemand, « What Germany expects from France ? » selon lequel les Allemands se demandent deux choses : les Français seront-ils capables de mettre en œuvre les réformes structurelles nécessaires à relancer leur compétitivité ? Les Français ont-ils bien compris le sens des appels à l’union politique ? Car, vu de Berlin, il ne peut y avoir de mise en commun des dettes sans l’organisation d’un contrôle politique européen sur les budgets nationaux. A lire sur le site de European Council on Foreign Relations.

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