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Retour Rue Darwin

3 min
À retrouver dans l'émission

Et voici de quoi vous donner à lire sur internet.

Dans le dernier numéro de la revue américaine de centre-gauche The New Republic, Paul Berman revient sur le boycott dont a été victime, à Paris, en juin dernier, l’écrivain Boualem Sansal . Les membres du jury du Prix du roman arabe ayant décidé de couronner son roman, « Rue Darwin, les ambassadeurs de plusieurs pays arabes avaient annoncé leur retrait, notamment financier, du Prix. Ce qui avait provoqué la démission d’un des membres du jury - le directeur de notre station, Olivier Poivre d’Arvor, expliquant les raisons de son geste dans une tribune parue dans Libération. Sans que cela soit dit explicitement, explique Paul Berman, il était reproché à Sansal, « l’écrivain algérien contemporain le plus connu dans le monde » , sa participation au Salon du Livre de Paris en 2008 – année où Israël en ayant été invité d’honneur, plusieurs pays dont le Maroc, l’Iran et l’Algérie avaient décidé de le boycotter. Boualem Sansal a, en outre, accepté l’invitation du Festival international des écrivains de Jérusalem en mai 2012, s’attirant les foudres du Hamas.

Dans le même article, Paul Berman revient sur l’œuvre de Boualem Sansal, s’amusant au passage que le titre de son roman, « Le village de l’allemand », ait été adapté par son éditeur américain par « The German Mujahid », de manière à créer un choc, mais par « An unfinished business », nettement plus inoffensif, on en conviendra, chez son éditeur anglais.

Berman annonce que Boualem Sansal et David Grossman, deux écrivains qui n’ont pas l’intention de se laisser embrigader par les gouvernements de leurs pays respectifs, songent à lancer une initiative littéraire commune, israélo-arabe.

Connaissez-vous Lewis Lapham ? Cet homme, exquis et cultivé, est une institution de la vie intellectuelle américaine. Durant quarante ans, il a dirigé le fameux Harper’s Magazine, y publiant des textes de John Updike, Tom Wolfe, ou Christopher Hitchens, menant la vie dure à Washington, que la présidence soit républicaine ou démocrate. N’étant pas homme à prendre sa retraite, l’ancien rédacteur en chef a lancé son propre trimestriel, Lapham’s Quarterly, en toute modestie. Le concept de cette revue est très particulier, puisqu’il s’agit de rechercher systématiquement, dans l’Antiquité, dans l’histoire européenne ou américaine, des précédents historiques aux évènements contemporains, d’en expliciter les enjeux grâce à l’éclairage de textes issus d’Aristophane ou de Shakespeare.

A propos du Harper’s Magazine, dans celui de ce mois-ci, on en apprend de belles sur l’origine du Monopoly. Le fameux jeu immobilier aurait été créé non pas par un réparateur en radiateur au chômage, nommé Charles Danow – même si c’est bien l’homme qui en déposa le brevet en 1933, mais en 1906, par une actrice nommée Lizzie Magie. Sous l’appellation « The Landlord’s Game », le Jeu du Propriétaire Immobilier, l’actrice, communiste, cherchait à persuader les Américains des méfaits de la propriété privée . Le but du jeu n’est-il pas de pousser tous les participants à la banqueroute au profit d’un seul, le « super-monopoliste » ?

Je recommande la lecture de l’entretien qu’eurent, sous la férule de Michael Ignatieff, Cornélius Castoriadis et Christopher Lasch sur Channel 4 en 1986. Ce dialogue paraît en traduction française aux éditions Climat. Il y est question de l’érosion de la personnalité et de la désertification de la scène publique dans nos démocraties consuméristes avancées. Où est l’individu souverain du libéralisme ? « Il n’y a personne sur le pont de ces petits navires », dit joliment Ignatieff.

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