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Tech intellectuals

3 min
À retrouver dans l'émission

Bonjour. Quelques idées de lectures sur le net, ayant en commun de souffler depuis l’étranger – où on ne pense pas nécessairement comme nous…

Il y a 25 ans, Russell Jacob y, déplorait, dans un essai qui fit grand bruit aux Etats-Unis, la disparition de ce qu’il appelait les « intellectuels publics » . Des gens qui intervenaient devant l’opinion publique, prenaient position sur de grands sujets, sans disposer d’autres compétences pour ce faire que leur notoriété d’écrivains et leurs prétentions morales. Un peu l’équivalent de nos intellectuels engagés, à nous. Dans « The Last Intellectuals : American Culture in the Age of Academe », Jacoby constatait que ces intellectuels publics avaient été progressivement remplacés par des universitaires . Des gens qui s’adressaient prioritairement à leurs pairs dans un langage ésotérique des spécialistes, qui avaient renoncé aux grands sujets.

Si l’on en croit Henry Farrell , dans la revue en ligne Democracy. A Journal of Ideas, une nouvelle catégorie d’intellectuels est en train de se constituer en Amérique du Nord – ce qu’il appelle les tech intellectuals. Des gens qui ne rentrent pas dans les grilles des départements des universités et entretiennent souvent avec l’Academe des relations brouillées, mais qui se sont fait connaître sur la Toile. En particulier, en y commentant les mutations culturelles produites par la révolution numérique.

Ce sont des « media entrepreneurs », experts en « économie de l’attention », qui ont su drainer un public à travers leurs interventions. Idéologiquement, relève Farrell, ils sont nettement moins radicaux que leurs aînés et oscillent entre une gauche modérée et consensuelle et les courants libertariens. Individualistes, ils sont pro-business, parce qu’ils vivent en partie de leur activité de consultants auprès des sociétés de la net-économie. Mais les plus connus ont accédé au rang de conférenciers professionnels très bien payés : dans les 5 000 dollars par conférence. Ils ont su notamment utiliser les TED Talks , qui attirent, chaque mois, sur leur site, 7 millions et demi de personnes.

Mais qu’est-ce que les TED Talks ?

Les conférences « TED » (pour Technology, Entertainment, Design) sont organisées par la Fondation Sapling, dont la raison d’être est de susciter et de répandre des « idées nouvelles ». Elle a été fondée par l’un des gourous de l’internet, Chris Anderson , le fondateur du magazine Wired, consacré aux nouvelles technologies qui s’est lancé depuis dans la fabrication de robots et de drones. Il est l’auteur d’un livre fameux dans ce milieu, La longue traîne.

Les conférences TED sont enregistrées en public. Elles accueillent des visionnaires, des penseurs, des acteurs de la vie culturelle et elles ne sont pas rémunérées. Bill Clinton, Al Gore, Bono et Jimmy Wales les ont honorées de leur présence irradiante. Je vous signale que plusieurs centaines de ces conférences sont actuellement disponibles en version française sous-titrées. Normalement organisées en Californie et à Vancouver, elles ont récemment débarqué à Paris. Les sujets ? Ca va de l’utilisation des stratégies cognitivo-comportementales dans le traitement de l’autisme aux questions d’environnement, telle que la pêche en eau profonde. Allez voir de ma part !

Les liens sont sur le site de la chronique, L’hebdo des idées. Bonne lecture. Bon week-end sur France Culture et au plaisir de vous retrouver lundi aux Matins.

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