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Dépouillement dans un bureau de vote de Toulon pour la primaire de la Belle Alliance Populaire.

Ce matin, je veux vous parler de trahison…

2 min

Mais je vous vois venir, vous voulez que je m’exprime sur tel ou tel ralliement d’ex-premier ministre à tel ou tel candidat d’En marche. Je n’en ferais rien, car la trahison dont je voulais parler est largement plus collective, c’est ce revirement brutal vis-à-vis de l’idée de primaire.

Dépouillement dans un bureau de vote de Toulon pour la primaire de la Belle Alliance Populaire.
Dépouillement dans un bureau de vote de Toulon pour la primaire de la Belle Alliance Populaire. Crédits : Franck Bessiere / Hans Lucas - AFP

Souvenez-vous, il y a une poignée de semaines, il y a trois millénaires, les primaires c’était la quintessence de la démocratie, et maintenant les primaires, c’est l’enfer. La primaire c’est l’enfer, lequel est, comme on sait, pavé de bonnes intentions. Du coup, la primaire n’est pas (encore) abandonnée, elle est piétinée. Et cependant, il y a pire que les critiques de la primaire : les raisons invoquées pour fustiger ce mode de désignation des candidats.

Car, ce qui dérange dans les primaires ouvertes, c’est qu’elles devaient constituer une martingale, autrement dit permettre aux partis à coup sûr de gagner. Or, ça n’est pas le scénario le plus évident si l’on songe aux candidatures Hamon ou Fillon… Pourtant, jamais un partisan conséquent des primaires n’a promis la victoire à coup sûr. Des contre-exemples existent bien sûr. Parfois, le candidat sorti vainqueur de cette consultation s’est révélé en premier lieu improbable et en second lieu, élu. Aux Etats-Unis par exemple, un olibrius aux cheveux oranges… Mais dans le cas général, la primaire apparait comme un supplément de démocratie.

Le problème des primaires, c’est qu’elles constituent un processus démocratique où une partie du peuple se substitue au peuple. En d’autres termes ce qui a séduit les électeurs de ces deux consultations n’est pas nécessairement ce qui va séduire les Français. Mais une fois instaurées, ces consultations semblent incontournables. Comment expliquer à la prochaine présidentielle que moins de démocratie, ce serait mieux ?

C’est cela l’approfondissement démocratique, un régime qui ne comprend pas de marche arrière, y compris en matière de primaire.

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