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Pompiers et membres du RAID sécurisent les lieux après l’attaque d’Orly, le 18 mars 2017.

Comment interpréter l’action de l’assaillant d’Orly ?

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L’action commise par l’assaillant d’Orly, tué samedi dernier, n’est pas simple à interpréter…

Pompiers et membres du RAID sécurisent les lieux après l’attaque d’Orly, le 18 mars 2017.
Pompiers et membres du RAID sécurisent les lieux après l’attaque d’Orly, le 18 mars 2017. Crédits : CHRISTOPHE SIMON - AFP

Non, parce que même sous l’emprise de la drogue et de l’alcool, Ben Belgacem, c’est son nom, ne pouvait pas ignorer qu’il ne sortirait pas vivant d’une telle entreprise.

Comme dans un autre cas récent, un homme qui avait attaqué un soldat au Louvre, cet acte est aussi peu rationnel que le serait une attaque d’un tank au canif. Dès lors, ces deux tentatives se distinguent des attaques terroristes précédentes.

Les djihadistes qui ont attaqué le Bataclan, ou frappé la promenade des Anglais, ces djihadistes savaient probablement qu’ils ne s’en sortiraient pas vivants, mais ils savaient aussi, à juste titre hélas, qu’ils commettraient un massacre. Leur acte obéit au schéma du suicide politique selon Durkheim, un suicide perpétré au nom d’une cause qui vous dépasse, quand bien même cette cause relève d’une mythologie factice, quand bien même la victoire apparaît impossible, et son caractère criminel évident.

Le suicide politique chez Durkheim se distingue du suicide égoïste en ceci qu’il est commis au nom d’une communauté, c’est pour cette communauté que l’individu décide de se donner la mort.

Au contraire, dans le cas de l’assaillant d’Orly, on a affaire à un nouveau type d’action, un assaut aux conséquences réduites, une action qui ressemble fort à un suicide égoïste selon Durkheim. Comme si le nihilisme de ces individus les incitait à maquiller un suicide pour convenances personnelles en une vague action politique, laquelle action n’a aucune chance d’aboutir. Toute proportion gardée, ces suicides égoïstes font penser aux suicides au gaz, où l’individu se donne la mort en mettant en danger des vies d’innocents.

Alors que penser de ce nouveau type d’attaque ? On peut y voir une nouvelle rassurante, si Daesh ne parvient plus à mobiliser au service de sa cause que ce genre de sociopathe. Mais, pour notre société, l’existence de Belgacem et consorts, cherchant à tuer pour se faire tuer, est une nouveauté bien inquiétante.

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