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Homme déposant des fleurs après la veillée d'hommage aux victimes des attentas de Londres, le 5 juin 2017

On en sait plus sur les auteurs de l’attentat de Londres …

2 min

Oui, on sait beaucoup de choses, mais l’ensemble de ces choses tient en un détail vestimentaire qui résume tout : l’un de ces assassins portait un maillot du club de foot d’Arsenal.

Homme déposant des fleurs après la veillée d'hommage aux victimes des attentas de Londres, le 5 juin 2017
Homme déposant des fleurs après la veillée d'hommage aux victimes des attentas de Londres, le 5 juin 2017 Crédits : Chris J Ratcliffe - AFP

Rien d’anormal à cela puisque ce criminel était manifestement un supporter de ce club de foot. Et dans ce détail, il y a résumé la complexité abyssale de cette lutte contre le terrorisme. Ce maillot de l’Arsenal, il signifie que ce terroriste, c’était n’importe qui. Certes, cet attentat a été commis au nom de l’islam, j’imagine que l’on découvrira, ou que l’on a déjà découvert, dans quel cercle religieux il avait fomenté ses projets criminels. Mais en dehors de cette nuance, cette banale petite nuance, la transformation de ce type en monstre, ce tueur ressemblait à n’importe quel jeune anglais et c’est cela la difficulté à laquelle nous sommes confrontés. Un jeune anglais qui les vaut tous et que vaut n’importe qui, qui décide juste de tuer des innocents et d’être tué et décide pour ce jour là, celui où il va commettre son crime, de mettre son maillot de foot préféré, celui du club d’Arsenal.

C’est cela la criminalité post moderne, car plus ces tueurs se réclament d’un islam pur et originel, plus ils sont dans un bricolage avec la modernité. Ils voudraient faire renaître le califat, évoque un Age d’or de l’islam vieux de plusieurs siècles, et cependant pour le grand jour, ils portent un maillot de foot. Du coup pour distinguer les jeunes terroristes des jeunes tout court, je nous souhaite bien du courage, car loin de représenter des cas à part, ils incarnent au contraire des trajectoires communes qui pour des raisons personnelles, idiosyncrasiques, se brisent et deviennent soudainement des trajectoires criminelles.

En somme, ces terroristes-là tranche avec tout ce que nous avions connus jadis, des terroristes devenus terroristes parce qu’ils étaient seuls, non socialisés, abandonnés à leur sort, le modèle du genre américain s’appelait par exemple « unabomber ». C’est tout le contraire aujourd’hui, pour employer des notions chères à Durkheim, ce n’est pas par défaut d’intégration, mais au contraire par excès d’intégration que ces terroristes nous tuent.

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