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Le débat entre les 11 candidats à l'élection présidentielle, 4 avril 2017

J'ai assisté à un drôle d’entretien de motivation hier soir

2 min

Oui, 11 candidats pour un poste, 11 candidats qui expliquent en quoi ils sont les plus à même d’accomplir cette mission – jusqu’ici rien d’anormal.

Le débat entre les 11 candidats à l'élection présidentielle, 4 avril 2017
Le débat entre les 11 candidats à l'élection présidentielle, 4 avril 2017 Crédits : Lionel BONAVENTURE / POOL - AFP

Ce qui était beaucoup plus étrange, c’est que chacun de ces candidats a tenté d’expliquer qu’il était le plus qualifié pour le job parce qu’il est celui qui rendrait ses conditions d’exercice le plus difficile. C’est un peu comme si au sein d’une réunion de plombiers, chaque plombier expliquait que chaque fuite devait être sévèrement punie, que toute intervention devait avoir lieu en 30 minutes y compris la nuit et le dimanche, le tout bien entendu pour un montant qui devait être réduit.

Chacun a donc martelé que « moi président » il n’y aurait que des désavantages pour « moi » : pas d’immunité, révocable à tout moment, moins payé, interdiction du cumul et nombre de mandats limités, autrement dit, impossibilité de retourner dans le privé, et interdiction de rester dans le public. En somme, le profil du poste, le poste de Président de la République, c’est un fakir masochiste, mélange de sœur Emmanuelle, de Simone Weil et de Gandhi, le tout bien sûr pour faire le boulot de Jules César, l’Élysée étant la première maison en sortant du Golgotha.

Si la démocratie est le pire des régimes à l’exception de tous les autres, chef des démocrates, autrement dit Président de la République, c’est le pire des emplois tout court. Et dire qu’un seul des prétendants a l’étoffe d’être simultanément un héros, un saint, un martyr, un anachorète, un seul élu, mais pour les 10 autres, on imagine le bonheur à l’idée de ne pas avoir été choisi.

Pour le moment, le suspense règne, qui aura la malchance de mener cette vie de chien – Tout le monde n’a pas la chance de vivre en Syrie où Bachar s’est dévoué à vie pour mener cette existence.

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