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Des étudiants écrivent des slogans hostiles à Jean-Marie Le Pen sur des affiches électorales, le 22 avril 2002 à Lyon, lors d'une manifestation spontanée des étudiants

Le 24 avril 2017 n’est pas le 22 avril 2002…

2 min

Deux dates très différentes.

Des étudiants écrivent des slogans hostiles à Jean-Marie Le Pen sur des affiches électorales, le 22 avril 2002 à Lyon, lors d'une manifestation spontanée des étudiants
Des étudiants écrivent des slogans hostiles à Jean-Marie Le Pen sur des affiches électorales, le 22 avril 2002 à Lyon, lors d'une manifestation spontanée des étudiants Crédits : JEAN-PHILIPPE KSIAZEK - AFP

Le 22 avril 2002 était un moment où le tragique se disputait au grotesque. C’était, je le rappelle aux moins de 15 ans, le début de la quinzaine anti-Le Pen, où un peu partout de courageux Jeannot Moulin prenaient le maquis pour lutter contre la bête immonde, montrant à tous que c’est lorsque tout risque est écarté que le courage se déploie le mieux.

Le 24 avril 2017, au contraire, donne l’impression que la France a un nouveau président, que le FN n’est pas au second tour, ou bien encore qu’il n’y a pas de second tour. Mais à moins qu’une réforme constitutionnelle m’ait échappé, il y aura bien un second tour, lequel opposera Marine Le Pen et Emmanuel Macron. Et rien ne serait plus préjudiciable à la démocratie, autrement dit au sentiment démocratique, que de faire croire aux électeurs du FN que les jeux sont faits, que leurs voix ne comptent pas et ne compteront pas.

Comme s’il existait non pas un plafond de verre, l’expression est mal choisie, ça n’est pas en tant que femme que Marine Le Pen plafonne, mais une chambre capitonnée, comme si l’isoloir était un étouffoir du vote FN : vous pouvez crier tant que vous voudrez, personne ne vous entendra crier. Comme si ces millions de voix qui ont apporté leur suffrage à Marine Le Pen n’avaient pas de voix, avaient une voix qui ne portaient pas, comme si finalement on avait trouvé un puissant étouffoir qui permettaient de faire comme si leur voix n’existaient pas.

Car c’est cela le paradoxe du FN : le parti est omniprésent, ses électeurs, eux, n’existent pas. Pourquoi votent-ils ainsi ? Que veulent-ils et que veulent-ils dire ? A quoi bon se poser cette question si l’on a déjà gagné, si l’élection est jouée d’avance, si au fond, le FN est uniquement un parti destiné à faire peur au premier tour pour supprimer le second.

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