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Le danger ce sont les histoires

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J’ai bien dit les histoires et pas l’histoire. Cette présidentielle en est d’ailleurs la preuve, les histoires peuvent dévorer l’histoire et plus il y a de rebondissements, d’inattendus, de suspense, moins il y a de fond dans la politique française.

C’est sûr, d’un certain point de vue, rien ne se passe comme prévu. Si les choses étaient un tout petit peu plus prévisibles, un tout petit peu moins imprévisibles, on pourrait même parier que le match attendu il y a 12 mois Sarkozy vs Hollande n’aura pas lieu mais, par les temps qui courent, mieux vaut ne pas prendre de risques.

Cette présidentielle pousse jusqu’au bout l’idée de storytelling, raconter des histoires, mettre en histoire ou bien la capacité d’absorber par la narration une partie de son auditoire. Effectivement, le récit occupe une place centrale dans cette présidentielle avec tout ce qu’il faut pour surprendre. Soutenir notre intérêt, relancer l’intrigue, une conférence de presse à midi, une déclaration à 10h30 bref, le scénario est impeccable.

Ce qui l’est moins ce sont les idées. Beaucoup de personnages, beaucoup d’aventures, très peu d’idées bref, cette présidentielle incarne pour la science politique ce que OSS 117 est à la tragédie grecque. Comment rassembler autant de nouveaux acteurs pour aboutir à autant de vieilles idées ou pire, un désintéret absolu pour les nouvelles idées. On n’arrête pas d’entendre dire que le scénariste de cette présidentielle a du génie, je ne serai pas aussi admiratif car finalement, il témoigne de son incapacité à relier l’histoire et les idées.

Napoléon disait la tragédie maintenant c’est la politique, il a une fois de plus raison, la politique on sait comment ca se termine : mal à chaque fois.

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