LE DIRECT

Les primaires ne sont plus keynésiennes…

2 min

Elles ne sont plus keynésiennes, et rien à voir avec les deux gauches irréconciliables, gauche de l’austérité contre gauche de la relance.

Les primaires ne sont plus keynésiennes, ce qui veut dire qu’elles n’obéissent plus au concours de beauté keynésien. Je m’explique. Le concours de beauté keynésien, c’est ce scrutin où il s’agit de choisir non pas la personne que l’on trouve le plus beau ou la plus belle mais celui dont on pense qu’il sera considéré comme le plus beau ou la plus belle. Transposé à la question des primaires, cela donne la personne la plus à même de l’emporter. Voilà pourquoi les primaires étaient très dépendantes aux sondages.

C’est ainsi qu’aux Etats-Unis, toute la stratégie de l’équipe Clinton pour contrer Bernie Sanders consistait à dire : cet homme n’a aucune chance de l’emporter face au candidat républicain. En échange de quoi l’équipe de Sanders expliquait pourquoi ce dernier avait en réalité la possibilité de faire gagner les démocrates.

Pour la primaire de la droite comme pour celle de la gauche, cette logique n’est plus de mise. Pour la droite, une primaire keynésienne aurait donné une large victoire à Alain Juppé puisque c’était lui que les sondages créditaient de la victoire la plus confortable au second tour de la présidentielle. Et pour la gauche, même s’il y avait moins de sondage, une primaire keynésienne n’aurait probablement pas donné Benoit Hamon vainqueur.

Comme si les électeurs dans les deux cas, à droite comme à gauche, votaient pour leur candidat et non pour celui qui semble avoir le plus de chance de l’emporter. Comme si les votes d’adhésion l’emportaient désormais sur les votes stratégiques, comme si dans cet isoloir là on était à nouveau tout seul, au lieu de considérer que dans les primaires notre choix personnel était secondaire.

L'équipe
Production

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......