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Reproduction d'une carte illustrant les différentes zones touchées par les retombées radioactives de l'explosion du réacteur No 4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl, le 26 avril 1986, le plus grave accident nucléaire du XX siècle.

Peut-on dire que l’on nous cache la vérité ?

2 min

Peut-on dire que l’on nous cache la vérité sur Tchernobyl ? Dans mes souvenirs, la réponse était « bien sûr que oui ».

Reproduction d'une carte illustrant les différentes zones touchées par les retombées radioactives de l'explosion du réacteur No 4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl, le 26 avril 1986, le plus grave accident nucléaire du XX siècle.
Reproduction d'une carte illustrant les différentes zones touchées par les retombées radioactives de l'explosion du réacteur No 4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl, le 26 avril 1986, le plus grave accident nucléaire du XX siècle. Crédits : STF - AFP

On nous a expliqué à l’époque que le nuage s’est arrêté aux frontières de l’hexagone ; c’est ce que j’ai dit à l’antenne il y a deux jours provoquant la réaction d’auditeurs, contestant ce qu’ils taxaient de fake news, d’infox. 

Je suis donc allé regarder ce qui s’était réellement passé à l’époque, et j’ai trouvé des points communs avec ce qui se déroule aujourd’hui, suite à l’incendie de l’usine Lubrizol de Rouen.

Le journal Le Parisien a publié une utile mise au point, avec recherche dans ses archives, sous la signature de Nicolas Beunaiche. 

La catastrophe de Tchernobyl a eu lieu le 26 avril 1986. Trois jours plus tard, sur France 2, Brigitte Simoneta présentait la météo du soir, le moment que vous attendiez tous. Et là, elle dévoile une carte de France avec le mot « STOP ». Pourquoi stop ? Eh bien tout simplement parce que l’anticyclone des Açores, le bien connu, est censé repousser avec ses petits bras musclés le nuage radioactif, et épargner à la France toute forme de radioactivité. 

Alors bien sûr, il ne s’agit pas d’une météo d’État, ce n’est pas un ministre ou un organisme gouvernemental qui est venu nous expliquer que le nuage s’était arrêté à nos frontières, mais cela ressemble quand même à une sorte de mensonge. 

«Tchernobyl on a le droit de savoir, à Kiev c’est l’exode, en Allemagne on s’affole et en France, tout va bien»

Et d’ailleurs l’anticyclone des Açores, ou celui du Cantal, comme vous voudrez, finit par faiblir. Et finalement sept jours après l’explosion nucléaire, soit le 2 mai 1986, Le Parisien publiait un article évoquant le passage du nuage au-dessus de l’Europe, et de la France. Et le journal d’évoquer que cette légère hausse de la radioactivité atmosphérique est «non significative» pour la santé publique. 

Cela a soulevé quand même quelques interrogations, et c’est pourquoi le vendredi 9 mai 1986, 15 jours après l’explosion à la centrale, Le Parisien titrait «Tchernobyl on a le droit de savoir, à Kiev c’est l’exode, en Allemagne on s’affole et en France, tout va bien» ?

Pratiquement 20 jours après la catastrophe, le gouvernement concédait que le nuage radioactif avait bien traversé l’hexagone. Qu’a-t-il causé ce nuage ? Eh bien on n’en sait rien. Aujourd’hui encore, le bilan est contenu dans une fourchette à deux dents très éloignées : entre 50 morts et 1 millions de morts selon Libération. Bref, l’anticyclone des Açores nous cache encore le bilan…

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