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Courbe statistique

On connait déjà le nom des perdants, dans l’élection présidentielle américaine…

2 min

Et les premiers perdants... ce sont les sondeurs.

Courbe statistique
Courbe statistique Crédits : Getty

The Atlantic publie à cet égard les chiffres des derniers sondages avant le vote, et ceux-ci sont sans appel. Trump a obtenu un score supérieur aux sondages, aux 538 sondages. 538 sondages. Dans les fameux swings states, dans l’Ohio, 7 points de plus, le Wisconsin, 8 points de plus, 7 points dans l’Indiana, 5 points au Texas, 6 points en Floride en moyenne... 

En somme, les sondeurs ne se sont pas trompés comme en 2016, ils se sont encore plus trompés. Et il va falloir comprendre pourquoi les sondeurs sont devenus incapables de comprendre la mécanique d’une élection. S’ils se contentent de prendre une photo à un moment donné, alors la photo est singulièrement floue. Contrairement à tout ce que l’on entend, le big data, l’intelligence artificielle, la capacité de screener, d’étudier des milliards de tweet ou de post Facebook, tout cela n’a pas fait progresser d’un iota la capacité à prévoir le vote Trump, de 2016 à 2020. 

Vous pourrez attribuer cela à toutes les causes possibles : sous-déclaration de ce vote, sous-estimation dans les méthodes de redressement, cuisine des sondages... Le résultat est là, et pour les sondeurs, il n’est guère brillant. C’est d’autant plus ironique que les sondages sont pratiquement aussi américains que le hamburger, ou plutôt le Wiener Schnitzel, importés par un sociologue d’origine viennoise, Paul Lazarsfeld. Lazarsfeld a passé sa vie à étudier les médias et l’opinion, on lui doit notamment une théorie dite de « Two step flow theory », théorie de la communication à deux étages. 

Selon Lazarsfeld, les médias et les sondages n’influencent pas l’opinion, mais ceux que l’on appelle les leaders d’opinion, autrement, dit-il, ils influencent les influenceurs. Et le décalage entre les sondages et la réalité électorale aux Etats-Unis doit questionner sur l’influence néfaste de ces prévisions erronées. Parce que l’on soupçonnera une manipulation, parce que cela témoigne surtout d’une incompréhension des gens qui vous entourent.  Un peu comme si les électeurs de Trump parlaient une langue étrangère que l’on ne parvenait plus à traduire., 

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