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Ce qui a tout changé, c’est internet, et plus précisément le fait que les caricatures de presse sont désormais vues par des personnes qui n’ont pas de contrat de lecture avec les titres en question

Les nuances du dessin de presse

2 min

Le dessin de presse a connu des jours meilleurs...

Ce qui a tout changé, c’est internet, et plus précisément le fait que les caricatures de presse sont désormais vues par des personnes qui n’ont pas de contrat de lecture avec les titres en question
Ce qui a tout changé, c’est internet, et plus précisément le fait que les caricatures de presse sont désormais vues par des personnes qui n’ont pas de contrat de lecture avec les titres en question Crédits : t_kimura - Getty

Oui, deux informations consécutives : mardi, l’annonce faite par le New York Times qu’il renonçait aux caricatures politiques de presse et mercredi, le énième buzz, bad buzz, autrement dit mauvais tumulte causé par la une de Charlie Hebdo

Le New York Times renonce aux caricatures politiques suite à une couverture de Netanyahu considérée comme antisémite, un chien guidant un Donald Trump aveugle. Mais, une information en cachant une autre, le New York Times se contente d’aligner son édition internationale sur l’édition domestique où il n’y a plus de caricature politique depuis des mois. 

Quant à Charlie Hebdo, sa une consacrée au foot féminin, pardon au football pratiqué par des femmes, a été jugée de fort mauvais goût, elle arborait un sexe féminin et un ballon, le reste, je vous laisse l’imaginer. Alors, cette une était effectivement de mauvais goût, comme l’a toujours fait Charlie, je le dis avec d’autant plus de facilité que je collabore à ce magazine, et l’on est à chaque fois surpris de ces polémiques qui découvrent que Charlie est un journal bête et méchant ,comme on disait jadis, c’est là sa raison d’être, le reste de la presse étant évidemment intelligent et gentil. 

Alors reste à comprendre pourquoi le dessin de presse passe si mal, le NYT n’a évidemment pas renoncé aux caricatures de presse pour éviter les caricatures racistes, parce que s’il ne s’agissait que de cela il y avait des méthodes plus simples et plus efficaces et puis l’édition américaine du New York Times n’a évidemment pas renoncé aux caricatures de presse pour éviter les caricatures racistes, parce que s’il ne s’agissait que de ça, il y avait quand même des méthodes plus simples et plus efficaces. Et puis, l’édition américaine du New York Times n’aurait pas renoncé à titre préventif à publier des caricatures un an auparavant. 

En fait, ce qui a tout changé, c’est internet, et plus précisément le fait que les caricatures de presse sont désormais vues par des personnes qui n’ont pas de contrat de lecture avec les titres en question. Le contrat de lecture est ce lien implicite qui fait que vous savez décrypter un dessin. En l’occurrence pour Charlie, que le dessin de presse est une forme de citation, on ne se moque pas des femmes dans le foot mais de ceux qui se moquent des femmes dans le foot, ou de ceux qui considèrent qu’il ne faut pas se moquer des femmes dans le foot parce que ce sont des femmes… Bref, le tout étant ambigu puisque l’ambiguïté fait partie du dessin de presse. Mais voilà, ces nuances deviennent aujourd’hui difficiles à faire passer si bien qu’un jour on dira peut-être « tu comprends ou je ne te fais pas un dessin. »

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