LE DIRECT
Andréa Kotarak

Le cas Kotarac

2 min

Andréa Kotarac est une excellente affaire journalistique.

Andréa Kotarak
Andréa Kotarak Crédits : BFMTV

Andréa Kotarak, l’Insoumis qui a succombé aux sirènes du Rassemblement National, c’est le titre de Libération, ce membre de la France Insoumise qui est donc passé de l’extrême-gauche à l’extrême-droite, enfin sauf que les uns refusent qu’on les dise de gauche, et les autres ne veulent pas qu’on les place à l’extrême-droite, bref Andréa Kotarac est une excellente affaire journalistique. 

Bonne affaire journalistique puisque son passage au Rassemblement National recèle trois informations en une : Andréa Kotarac est passé au Rassemblement National, Andréa Kotarac était à la France Insoumise, Andréa Kotarac existe. Les journalistes ont besoin de personnages, de nouveaux personnages, en voici un qui pourrait, en fonction de vous , amis auditeurs, accréditer l’existence même de la catégorie de rouge brun : après avoir effectué de nombreux passages sur la chaine de télévision Russia Today, après avoir témoigné de nombreuses fois d’amitiés pro-russe, il quitte la France Insoumise, pour rejoindre le parti le plus efficace dans sa lutte, selon lui je cite, contre la balkanisation de la société française — balkanisation, néologisme qui n’a évidemment rien à voir avec Balkany actuellement jugé pour différentes malversations. 

Andréa Kotarac est un bon sujet, puisqu’il permet aux uns d’avoir le rouge brun, aux autres de dénoncer une boule puante, en somme il est la polémique de la semaine, une preuve qui ne prouvera rien, et qui ne convaincra que les convaincus. Plus singulier encore, Andréa Kotarac a une formule assez alambiquée pour expliquer son départ de la France Insoumise : il explique qu’il quitte ce parti non parce qu’il adhère aux idées du Rassemblement National, ce serait trop simple, mais pour faire barrage aux idées de La République En Marche. 

D’où un problème aussi vieux que Maimonide : que vaut ce type de conversion, que vaut une conversion où ce qui compte ce n’est pas le but mais la manœuvre, où l’on ne se convertit pas parce que l’on est touché par la grâce mais pour des raisons de circonstance ? Alors, pour Maimonide, une telle conversion, autant le dire, ne vaut rien ou pas grand-chose. D’où finalement une question classique, Kotarak est-il un traître, un relapse ou bien une marrane ? 

L'équipe
Production

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......