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Après les attentats dans les locaux de Charlie Hebdo en 2015, le journal satirique sortait un numéro désormais célèbre : sur la couverture, Mahomet brandissant une pancarte "Je suis Charlie"

Attentats terroristes : le basculement de l'histoire que l'on n'a pas su voir

2 min

Il y eut hier, mercredi 16 décembre, le verdict du procès des attentats de Janvier 2015…

Après les attentats dans les locaux de Charlie Hebdo en 2015, le journal satirique sortait un numéro désormais célèbre : sur la couverture, Mahomet brandissant une pancarte "Je suis Charlie"
Après les attentats dans les locaux de Charlie Hebdo en 2015, le journal satirique sortait un numéro désormais célèbre : sur la couverture, Mahomet brandissant une pancarte "Je suis Charlie" Crédits : Martin Bureau - AFP

Il faudra beaucoup de talent à un historien du quatrième millénaire pour expliquer comment des dessins - je dis bien des dessins - un peu comme ceux de Mickey ou de Tintin, ont pu provoquer des meurtres et des tentatives de meurtres, suivis de nombreux débats sur le thème : a-t-on ou non le droit de dessiner ? Puisque débat il y a eu et il y a un peu encore. 

Je me souviens des mots de Cabu. C’était dans le monde d’avant, en janvier 2011, pas loin de l’anniversaire de ses 73 ans. Et Cabu disait en substance, ils sont capables de tout, y compris de nous tuer. Et je ne le croyais pas, je mettais cela sur le compte de sa douce mélancolie, j’imaginais que l’on ne tuait pas pour des dessins, qu’ils soient dessins de Mahomet de Jacques Dupont ou de Yankel Moshe. 

En novembre 2011, les locaux de Charlie Hebdo étaient détruits par un cocktail molotov. Et puis un an après, il y eut ces meurtres à Toulouse, l’assassinat de petits enfants juifs à l’école Ozar Hatorah, Arié et Gabriel, ils avaient 5 et 3 ans. Et puis il y eut Myriam, 8 ans une petite fille assassinée également par le terroriste. Elle était revenue chercher son cartable, et puis un professeur assassiné également, Jonathan Sandler. 

Et je me souviens parfaitement de ce matin là, de la manière dont peu de monde a saisi alors ce qu'il s’était passé, les multiples tentatives pour minimiser l’évènement, ne pas en comprendre le sens, ou ne pas vouloir en comprendre le sens. Nous étions en 2012, le soir de cet attentat, il y avait quelques personnes, allez peut-être 300 à Paris, pour dire leur émotion. 

Si je me rappelle cela, ça n’est pas pour reprocher aux uns ou aux autres de ne pas avoir été lucides, mais pour signifier que les basculements de l’histoire, le surgissement du tragique dans le quotidien, est l’une des choses au monde les plus difficiles à percevoir. Comprendre le passé ou le futur, c’est facile, mais donner son sens au présent, voilà quelque chose de bien compliqué à faire. Relier les évènements entre eux, rapprocher le cocktail molotov dans les locaux de Charlie en 2011, la tuerie de Toulouse en 2012, les autres dates sont connues. 

L’histoire est tragique, mais hélas, il faut attendre sa conclusion pour le comprendre, ultime illustration de la célèbre phrase d’Hegel, « Ce n’est qu’au début du crépuscule que la chouette de Minerve prend son envol ». 

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