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Le président russe Vladimir Poutine serre la main du président américain Joe Biden avant le sommet États-Unis-Russie à la Villa La Grange, à Genève, le 16 juin 2021.

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Dimanche prochain, ce sera la fin du couvre feu. Le retour au monde d'avant? Non, il manque quelque chose.

Le président russe Vladimir Poutine serre la main du président américain Joe Biden avant le sommet États-Unis-Russie à la Villa La Grange, à Genève, le 16 juin 2021.
Le président russe Vladimir Poutine serre la main du président américain Joe Biden avant le sommet États-Unis-Russie à la Villa La Grange, à Genève, le 16 juin 2021. Crédits : BRENDAN SMIALOWSKI - AFP

Allez, souvenez vous. Vous l'avez peut-être vue hier dans les images, un certain Joe Biden et Vladimir Poutine ne se sont pas fait un bisou, ils se sont serré la main. Quand pourra-t-on à nouveau se serrer la main ? 

Alors, on imagine que dans le cas de Poutine et de Biden, le FSB et la CIA avaient conjugué leurs efforts pour vérifier que le dirigeant d'en face était bien négatif, qu'il était possible donc de lui serrer la pogne sans danger. Mais dans la vie de tous les jours, il est improbable que vous puissiez bénéficier d'un rapport de ce type avant de serrer la main de Jean-Michel ou Sylvie. Et je ne parle même pas de la bise, puisque quand la bise fut venue, on ne sait toujours pas quand il sera opportun de bisouiller à nouveau. 

À quand la poignée de main ou la bise ? À quand peut-on imaginer une communication gouvernementale - par exemple - à ce sujet ? Le conseil scientifique va t-il rendre un arrêt ? Il y a deux ans, le fait que l'on puisse nous déconseiller ces gestes anodins de la vie quotidienne aurait pu passer pour surréaliste. Mais vous savez, depuis mars de l'an dernier, nous nous sommes habitués à tout, ou presque. La poignée de main est soudain devenue dangereuse parce que la bête à picots était manuportée. Manuporté, c'est encore un nouveau mot.

Avant, la poignée de main était la brique originelle de la sociabilité, ses fondations. La bise requière quand même une forme de proximité. Elle a un côté informel. La poignée de main, en revanche, est le minimum que l'on puisse attendre entre deux personnes. Elle est l'équivalent gestuelle de la fonction phatique du langage, le "ça va" qui n'attend pas de réponse, mais permet uniquement une conversation. Comme le disait le sociologue David Riesman, nous sommes passés de la main invisible à la poignée de main. L'occasion de se demander à quand la poignée de main deviendra-t-elle invisible ? 

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