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« Les cons, ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnait », phrase culte de Michel Audiard pour Les Tontons flingueurs.

L’intelligence est une, la connerie est multiple

2 min

Les cons font encore parler d’eux. Oui, c’est une question intrigante, pourquoi s’intéresse-t-on autant à eux ?

« Les cons, ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnait », phrase culte de Michel Audiard pour Les Tontons flingueurs.
« Les cons, ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnait », phrase culte de Michel Audiard pour Les Tontons flingueurs. Crédits : Keystone-France/Gamma-Keystone via Getty Images - Getty

C’est ainsi que l’on trouve en cette rentrée une BD intitulée « Faut pas prendre les cons pour des gens »… Et, dans quelques jours, est publiée Une histoire universelle de la connerie, un ouvrage collectif, aux éditions Sciences Humaines. Il faut dire que la Psychologie de la connerie s’est très bien vendue, 60.000 exemplaires, traduits en 17 langues, preuve que le thème passionne les foules, y compris à l’international. 

Pourquoi cet intérêt pour les cons ? Différentes hypothèses s’affrontent. Parce qu’ils sont fascinants, ils osent tout – d’aucuns disent même que c’est à cela qu’on les reconnaît. Parce que le sujet est inépuisable ? Mon général expliquait lui-même que mort aux cons relevait je cite d’un vaste programme. Ou bien parce que c’est un marronnier, autrement dit un sujet que l’on brandit lorsque l’on est un peu fatigué et que l’on manque d’idées ? Jean François Kahn avait pour habitude, pour L’Evènement du jeudi comme pour Marianne, lorsqu’il lui fallait relancer les ventes du journal, et qu’aucun sujet ne s’imposait dans l’actualité, de faire une couverture sur les cons, exercice pas évident d’ailleurs car comment les choisir ? 

Toutes ces raisons sont excellentes, et expliquent pourquoi le con suscite mécaniquement un intérêt, depuis L’idiot de Dostoïevski, narrant les déboires du prince Mychkine. Mais il y a peut-être une autre hypothèse que je vous livre : l’intelligence est une tandis que la connerie est polysémique. Je m’explique. Le con désigne au moins deux catégories d’êtres humains. Première catégorie, les mal comprenants, autrement dit ces individus qui souffrent de déficit cognitif partiels ou intégraux. Même les individus perçus comme particulièrement roués, peuvent être taxés de connerie, je ne sais pas moi Napoléon à Waterloo, Chirac au moment de la dissolution, Jospin lorsqu’il s’en est pris à Chirac pendant la campagne de 2002, etc. Mais dans le même temps, un con ce peut être aussi un sale con, rien à voir avec l’hygiène, autrement dit un salaud, créature chère à Sartre, une personne qui sans avoir de problème cognitif du tout, souffre d’une moralité que l’on présentera a minima comme douteuse. 

Voilà pourquoi il se pourrait bien que l’intelligence soit une, tandis que la connerie est multiple. 

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