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Il paraît que les cafés ont rouvert hier…

Il paraît que les cafés ont rouvert hier…

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C’est principalement ce que l’on a appris hier – le participe passé de « rouvrir » est « rouvert » et pas « réouvert », comme l’explique Bescherelle qui sait tout.

Il paraît que les cafés ont rouvert hier…
Il paraît que les cafés ont rouvert hier… Crédits : Marcos del Mazo - Getty

Les cafés sont donc rouverts et c’est devenu un marronnier puisque c’est la seconde fois – je ne peux pas vous dire si c’est la dernière - à la manière de ces sujets pour journalistes épuisés en manque d’idées et de sujets. 

Les terrasses rouvertes prenant la suite de la revente des cadeaux de Noël sur internet ou encore de l’entrée en classe des plus petits. Les cafés ont rouvert, mais aussi et surtout, les équipes de reporters se sont précipités pour nous faire vivre cet évènement en direct. 

C’est cela qui m’a le plus fasciné, le fait que l’on nous fasse vivre cet évènement en direct comme me l’ont suggéré plusieurs alertes de différents médias : faire vivre en direct un évènement qui se déroule au coin de la rue.

Voilà un étrange moment debordien. Debordien, de Guy Debord et ses réfléxions sur la société du spectacle. Vivre en direct un moment, au lieu de le vivre tout court, même - et surtout si l’on est heureux de l’ouverture des cafés - si l’on sait que ce moment n’est pas assimilable à l’incendie du Reischtag ou à l’indépendance de l’Inde.

Pourquoi vivre en direct ce que l’on ferait mieux de vivre. Vivre en direct, c’est un peu comme regarder s’il pleut sur son Iphone, ou mal digérer la dernière saison du meilleur « pâtissier de France ». C’est la preuve que notre civilisation est devenue virtuellement autophage : l’information relève de l’information locale, de l’information de proximité, précisément pour nous empêcher d’avoir à y aller. 

Il faudra un jour que l’on comprenne pourquoi nous adorons nous voir dans les gestes de notre quotidien, comment la société du spectacle est devenue la société de notre propre spectacle, un selfie permanent, les images déclinant les moments importants de notre quotidien le plus banal, être en terrasse, faire les soldes, faire l’amour. C’est peut-être qu’il y a là, l’exploration de nouvelles zones érogènes, aujourd’hui les terrasses. Ce qui est excitant finalement, ce n’est pas l’acte, c’est le regard. 

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