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Existe-t-il des comiques honnêtes ?

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C’est la question qui se pose à la suite des révélations de Copycomic, je vous les résume, c’est important depuis que France culture se positionne en concurrence frontale avec Rires et chansons.

Photo d'un micro sur une scène.
Photo d'un micro sur une scène. Crédits : Karen Mckay / EyeEm - Getty

Donc Copycomic est un justicier marqué, un corbeau si vous voulez en dire du mal, qui révèle les emprunts que certains de nos comiques nationaux ont effectués à des comiques américains. Copycomic a donc révélé des similitudes troublantes entre certains sketchs de célébrités du stand up américains par leurs homologues français – autant dire de possibles plagiats. Alors comme nous voulons faire mieux que Rires et chansons, j’ai décidé de donner des conseils aux comiques pour justifier les emprunts effectués. 

Première justification, l’existence de mêmes humoristiques. De la même façon que les cognitivistes considèrent qu’il y a des universels trans culturels, valables quels que soient les peuples, il y a peut-être des blagues qui se diffusent un peu partout, à la manière du tabou de l’inceste - peut-être existe-t-il des blagues qui font rire tour le monde par exemple celle-ci que j’ai évidemment recopiée : combien de psy lacaniens faut-il pour changer une ampoule ? Un seul, à condition que l’ampoule veuille changer. 

Deuxième justification, ces plagiats n’en sont pas, ce sont les comiques américains qui ont commis des plagiats par anticipation, notion forgée par un psy, Pierre Bayard, et dans ce cas, les comiques français seront moins seuls, puisque Voltaire dans Zadig, pille littéralement les méthodes d’investigation de Sherlock Holmes, alors même qu’il ne cite jamais Conan Doyle. Et pourtant, ce plagiaire de Voltaire est régulièrement encensé par tout ce que ce pays compte de littéraires, comme quoi il y a un deux poids deux mesures. 

Troisième hypothèse, les blagues n’appartiennent à personne. Bon ça, c’est une chose, mais alors à qui doit on la blague originelle, eh bien évidemment à Dieu, car l’humour est peut-être, dans ce cas, un privilège divin. C’est ce que pensait par exemple un rabbin du XVIIIè siècle, Rabbi Nahman de Breslev, qui estimait que le premier devoir d’un homme vertueux était le rire, et qu’il n’y avait pas de meilleure action que celle qui consistait à faire des blagues. Il ne précisait pas si tous les moyens étaient bons pour en faire, y compris s’inspirer de ses prédécesseurs, un rabbin qui, j’en suis sûr, aurait accepté que les comiques empruntent pourvu que Dieu soit loué.  

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