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Fusil de sniper.

Uberisation chez les tueurs à gage

2 min

L’uberisation peut tuer. Mais oui, ou plus exactement on peut tout uberiser, y compris les tueurs à gage. C’est en tout cas l’étrange histoire que raconte la BBC, elle se déroule en Chine.

Fusil de sniper.
Fusil de sniper. Crédits : Mongkol Nitirojsakul / EyeEm - Getty

Une histoire qui débute gentiment, un homme d’affaire dénommé Tan Youhui a embauché un tueur à gage pour se débarrasser d’un concurrent un peu gênant, Monsieur Wei, et cela au prix de 280.000 dollars, bon jusqu’ici rien d’anormal. Oui mais voilà, le tueur à gage décide d’uberiser ce travail, autrement dit de le sous-traiter. Il a pris sa marge, et il a offert 141.000 dollars à un autre gugusse pour faire le travail. Et là, c’est déjà un peu compliqué. Mais là où l’affaire se complique, explique la BBC, c’est que le tueur à gage n-1 a décidé d’embaucher un tueur à gage n-2, lequel en veut à un n-3, lequel s’est dit je ne vais quand même pas me fatiguer à tuer un type, donc il a trouvé un n-4 tout aussi cupide que le n-3, qui a par conséquent sous-sous-sous-sous-traité encore une fois ce travail. 

En tout cinq tueurs à gage se sont repassés la patate chaude, enfin la mission. Oui mais voilà, le dernier tueur à gage qui devait être payé trois ronds — enfin 15.000 dollars, 20 fois moins que le prix initial —  a salopé le travail, pardonnez-moi l’expression, puisqu’il a contacté le macchabée potentiel en lui expliquant qu’il était en substance chargé de le tuer, et que, par convenance personnelle, il lui serait reconnaissant de faire le mort, autrement dit de simuler son assassinat parce qu’il avait différents débours, Netflix à régler, la machine à laver à changer, etc. 

Et, là, la victime présumée, Monsieur Wei a accepté de faire une photo, l’histoire ne dit pas s’il s’agissait d’un selfie avec son meurtrier, baillonné et ligoté, pour que l’ultime tueur à gage touche son dû, avant finalement de se raviser et d’aller tout balancer à la police, comme quoi on ne peut faire confiance en personne, pas même aux morts. 

Du coup procès, un procès assez long, et vous savez ce que la justice chinoise a décidé de faire ? Eh bien, elle a décidé aussi d’ubériser les peines, elle ne les a pas sous-traitées, mais elle a appliqué une décote : le commanditaire a été condamné à 5 ans de prison, le premier tueur 3 ans et demi, jusqu’à l’ultime tueur à gage qui a écopé de deux ans et sept mois, parce qu’en Chine on est précis sur les peines. La morale de l’histoire c’est que l'uberisation peut  tuer tous les métiers, y compris celui de tueur à gage.

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