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La salade niçoise appartient-elle encore au patrimoine culturelle niçois ?

L’américanisation est en marche…

2 min

Et cela passe par la salade niçoise…

La salade niçoise appartient-elle encore au patrimoine culturelle niçois ?
La salade niçoise appartient-elle encore au patrimoine culturelle niçois ? Crédits : kajakiki - Getty

L’un des marronniers, l’une des tartes à la crème dans les médias est de guetter l’arrivée en France des outrances d’outre-Atlantique, et notamment les conséquences du politiquement correct, par exemple l’appropriation culturelle. L’appropriation culturelle est cette pratique qui consiste à faire sien un élément venu d’une autre culture, parfois sans le dire, parfois aussi en la malmenant. 

Or, donc le télévisuel cuisinier Cyril Lignac a été accusé de s’être culturellement approprié la salade niçoise – bien que l’accusation n’a pas été complètement formulée ainsi – mais enfin des niçois ont reproché à cet homme né assez loin de la baie des anges, à Rodez en l’occurrence, d’avoir profondément dénaturé la salade niçoise. Songez donc que ce "master chef" propose une salade niçoise dotée de 17 ingrédients parmi lesquels on en trouve 11 qui ne devraient pas y être – notamment des haricots verts, de la pomme de terre, et même un crumble de parmesan. 

Fureur à Nice, protestation, ledit Cyril Lignac a finalement remisé cette recette en toc quitte à la resservir peut-être plus tard en l’appelant salade ruthénoise, puisqu’il est né, je vous le rappelle à Rodez. Tout cela rappelle ce scandale intervenu dans la cafétéria d’une université américaine, un scandale rapporté par Laurent Dubreuil, un professeur qui enseigne aux Etats-Unis, le scandale du Bánh mì. Des étudiants accusaient la cafétéria d’appropriation culturelle, en raison du banh mi. Le banh mi étant un sandwich vietnamien lui-même issu de la période coloniale comme son nom l’indique, ou rappelle notre pain de mie. Là aussi le verdict a été simple, plus de banh mi, comme chez Lignac plus de salade niçoise. 

Il est trop tôt pour savoir si cette controverse saladière annonce un vent de furie sur la France – où l’on s’empoigne gentiment depuis des décennies pour savoir si l’on peut appeler cassoulet un plat qui ne contient pas de haricots tarbais – sans que cela nous empêche de faire passer le brie du frigo à la table, pour le servir bien plâtreux, ou de noyer le risotto aux fruits de mer sous le parmesan. Tout cela pour dire que jusqu’à présent on n’en faisait pas une salade, mais si les choses venaient à changer, cela va devenir difficile, même de faire une salade.

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