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Coronavirus : Marine Le Pen veut des contrôles frontaliers.

Et l’on note une nouvelle épidémie

2 min

Oui, à chaque jour sa nouvelle pathologie. Là, c’est une pathologie lexicale, pas forcément les moins graves, puisque « mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde » selon la citation archi usée et peut être apocryphe du camarade Camus.

Coronavirus : Marine Le Pen veut des contrôles frontaliers.
Coronavirus : Marine Le Pen veut des contrôles frontaliers. Crédits : France Inter - Radio France

Donc là nous devons faire face à une irruption de populisme sanitaire, et c’est très grave. Le populisme sanitaire, selon ses détracteurs, c’est l’idée fausse que l’on pourrait se protéger du coronavirus en réintroduisant des frontières, du protectionnisme, bref on garde nos virus français et on refuse les microbes étrangers. 

En toute logique, le populisme sanitaire devrait s’opposer au progressisme sanitaire, le progressisme sanitaire demeurant favorable aux échanges à l’intérieur de l’Europe et du monde, à condition bien entendu que l’on soit entre gens en bonne santé. Et j’imagine que le progressisme sanitaire, pour abattre le populisme sanitaire, prévoit moult normes, règlements et autres mécanismes, sans amendements, puisque les amendements ça conduit au 49.3 et le 49.3 par temps d’épidémie c’est un chiffre beaucoup trop élevé pour être assumé, même si l’époque ne fait vraiment pas penser à 37.2. 37.2 était un film où une jolie fille et un joli garçon pratiquaient le multilatéralisme amoureux, je le précise pour les moins de 20 ans qui sont tombés du lit. 

Pour le reste, le populisme sanitaire ouvre de nouvelles perspectives, la poursuite de la politique par d’autres moyens. Puisque les Français se désintéressent de la politique, une bonne façon de les ramener vers la chose publique est peut-être de leur tenir un discours médical, la maladie c’est quand même beaucoup plus concernant que la cuisine politique. Autour de moi, si je propose de passer un moment avec un leader politique ou avec Michel Cymes, il n’y a pas photo, je sais qui va être préféré. 

A la suite du populisme sanitaire, on pourrait évoquer le séparatisme pathologique, préférable au communautarisme maladif, la sociale démocratie virale, préférée à l’autoritarisme pandémique.  Après tout, cela fait longtemps qu’il y a des maladies de droite et de gauche : jadis, le chanteur Renaud disait que les ulcères c’étaient pour les prolos, les cancers pour les riches, parce que c’était un peu plus cher, depuis je le crains, le cancer s’est démocratisé, comme quoi l’égalitarisme sanitaire ça a aussi ses défauts.

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