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Un télésiège à l'arrêt prise le 02 février 2008 aux Menuires en France

Kafka aimait-il le ski ?

2 min

Sports d'hiver et Covid : une montagne de problèmes...

Un télésiège à l'arrêt prise le 02 février 2008 aux Menuires en France
Un télésiège à l'arrêt prise le 02 février 2008 aux Menuires en France Crédits : JEAN-PIERRE CLATOT - AFP

C’est une bonne question à se poser, car la période marque un raffinement notable dans le cadre des règlements alinéa et autres exceptions – le covid est peut-être une maladie virale, mais c’est aussi une bénédiction pour tous les créateurs de lois. Et l’imagination du législateur se retrouve particulièrement en matière de sports d’hiver cette année – Barthes estimait que la montagne était un lieu « d’éjaculation morale », il avait tort, c’est plutôt un motif d’orgasme administratif, une zone érogène bureaucratique. 

Je vous résume les épisodes précédents. Vendredi, la situation était déjà confuse – les stations étaient autorisées à ouvrir, mais pas les remontées mécaniques. Une libéralité étonnante, puisque les stations sont aussi des villes ou des villages, et jusqu’à preuve du contraire, on ne peut pas décréter que Montargis ou Toulon, par exemple, ne seront pas fermées cette année. Je sais bien qu’il y a « Rome Ville ouverte », mais cela veut dire autre chose. La fermeture des remontées mécaniques signifiait donc qu’il n’était pas possible de pratiquer le ski de descente, même si l’on pouvait en revanche s’adonner au ski de fond, skating, et même je crois au curling. Mais ce devait être trop simple puisque ce samedi, le journal officiel a stipulé que l'article 18 du décret du 29 octobre 2020 était remplacé par les dispositions suivantes :

Les remontées mécaniques ne seraient pas accessibles au public, sauf pour :
« 1. Les professionnels dans l'exercice de leur activité » ;
« 2. Les personnes autorisées à pratiquer une activité sportive en application des deuxième et cinquième alinéas du II de l'article 42 » ;
« 3. Les pratiquants mineurs licenciés au sein d'une association sportive affiliée à la Fédération française de ski. » Et le préfet de département est habilité à créer d’autres exceptions… 

La situation est donc passée de confuse à obscure. Les remontées mécaniques vont-elles ouvrir pour une poignée de licenciés ? Les autres vont-ils seulement pouvoir regarder ? On comprend l’idée générale : il faut désinciter les Français à aller au ski puisque la fondue est covidogène. Pourquoi, dans ce cas, ne pas imposer des contraintes supplémentaires aux skieurs – leur demander de descendre sur un pied, les yeux bandés, ou bien seulement de nuit ? Ou bien autoriser la plage en hiver, et le ski seulement en été – sauf pour les balcons puisque « Noël au balcon, Pâques au tison »... Et si d’aventure, il n’y avait pas de neige à Noël, le ski deviendrait-il obligatoire pour tous les Français ? 

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