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Un centre de dépistage du virus est mis en place dans la commune, en alerte

Quand le coronavirus vient troubler l'air pur de la montagne

2 min

Comme si déjà on n’avait pas assez à faire avec le manque de neige…

Un centre de dépistage du virus est mis en place dans la commune, en alerte
Un centre de dépistage du virus est mis en place dans la commune, en alerte Crédits : Anabelle Gallotti - Radio France

Et oui, les stations françaises manquent de neige, l’or blanc fond pour cause de réchauffement climatique, et comme si ça ne suffisait pas, c’est dans une station de ski française que l’on a trouvé le corona virus, aux Contamines-Montjoie — même si, j’ai vérifié, « Contamines » ne vient pas du tout du verbe contaminer mais du nom latin « condominium » qui signifie « terre indivise ». 

Vous allez me dire que le village aurait pu s’appeler Condom-Montjoie, mais alors là cela aurait envoyé un très mauvais signal à nos amis Anglais, ceux-là même qui sont à l’origine de la propagation du virus, et quel meilleur symbole de la mondialisation que cet Anglais touché par le coronavirus à Singapour, le propageant jusqu’aux bords du lac Léman, puisque aujourd’hui on a une alerte y compris dans une école à Thonon-les-Bains, Thonon-les-Bains non loin du lieu-dit La Maladière…

Alors évidemment, il y a quelque chose de paradoxal dans le fait de découvrir un virus dans une station de haute montagne, la propagation de la maladie sur fond d’air pur, d’air des montagnes… Car depuis longtemps, la montagne est censée nous cacher la société, l’actualité de la montagne c’est l’actualité des gens heureux, censée nous éloigner des grèves et du social, d’où l’indignation de cette mécanique médiatique quand le social surgit subitement dans le paysage montagnard, pire encore, quand la maladie vient troubler l’air pur…

Car la montagne, c’est sacré : les sommets distillent une morale bien précise. La plaine est morne, la Méditerranée vicieuse, seule la montagne propose de l’air pur. Monter les pentes, les redescendre, enfin un mouvement de va et vient tout public… La mer est sexuée, seule la neige est tout public, car sous la doudoune il n’y a plus ni homme ni femme, il n’y a plus qu’une catégorie rassurante : celle du skieur. Pas de corps indécent à la montagne, même le tire fesse n’est pas obscène. Bref comme l’écrivait Roland Barthes, « la montagne est un lieu d’éjaculation morale »

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