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Campagne de privatisation de la Française des Jeux.

Privatisation de la FDJ : la question à un million d'euros

2 min

La privatisation de la Française des Jeux me laisse un peu dubitatif.

Campagne de privatisation de la Française des Jeux.
Campagne de privatisation de la Française des Jeux. Crédits : ERIC PIERMONT - AFP

Peut-être faites-vous partie de ces particuliers qui ont déjà acheté pour 200 millions d'euros d'actions de la Française des Jeux, soit environ 1/3 de la part qui leur est allouée ? 

De leur point de vue de boursicoteurs, ils ont bien raison de l'avoir fait, dans la mesure où la FDJ est une entreprise à qui l'avenir ne fait pas peur. Sa clientèle n'est pas seulement massive (il y aurait 29 millions de joueurs en France). Elle est aussi captive : le perdant joue dans l'espoir de gagner un jour, le gagnant joue dans l'espoir de regagner un jour.

Mais, si le hasard fait bien les choses, la privatisation des jeux de hasard s'accompagne de deux grosses contradictions. Plaçons-nous d'abord du côté de l'individu. L'actionnaire, on l'a vu, se frotte les mains. Mais que se passe-t-il lorsque celui-ci est aussi joueur ? Le premier a intérêt à ce que l'entreprise dans laquelle il investit soit la plus rentable possible pour toucher son paquet de dividendes. Il a donc intérêt à ce que le joueur (qui occupe l'autre partie de son cerveau) perde un maximum. Il parie donc contre lui-même. Imaginez le drame intime en train de se nouer : pourvu que je n'aie pas les 6 numéros gagnants du Loto. 

Oui, mais la société y gagne. En tout cas, si l'on en croit le message qui accompagne la campagne de privatisation. La FDJ est présentée à la fois comme une entreprise "performante", on veut bien le croire, et "utile à tous", ce qui agresse un peu plus l'oreille. Je ne vois pas très bien en quoi le fait de cocher des numéros sur une grille ou de gratter un ticket de Morpion peut être "utile à tous". Sauf à considérer que la paix sociale s'achète aussi avec les jeux de hasard.

Alors certes, la FDJ redistribue une partie de ses gains à des projets liés au sport, au patrimoine, à l'insertion,... C'est vrai que c'est utile, c'est même d'utilité publique, c'est même à ça que servent les impôts. Du coup, puisque c'est "utile à tous", fallait-il vraiment privatiser ? C'est la question à un million d'euros...

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