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Carlos Ghosn lors de la conférence de presse qu'il a tenu le 8 janvier 2020 à Beyrouth, au Liban.

Carlos Ghosn, plus Kerviel que Dreyfus

2 min

Oui, je sais, dans la vie, nous avons tous envie d’être des Dreyfus, c’est quasiment devenu aujourd’hui un tic de langage : tout accusé explique qu’il est le nouveau Dreyfus, et peut-être même d’ailleurs cela est-il parfois vrai…

Carlos Ghosn lors de la conférence de presse qu'il a tenu le 8 janvier 2020 à Beyrouth, au Liban.
Carlos Ghosn lors de la conférence de presse qu'il a tenu le 8 janvier 2020 à Beyrouth, au Liban. Crédits : JOSEPH EID - AFP

Bon, pour le moment, Carlos Ghosn nous a épargné cela, et c’est tant mieux parce qu’il possède peu de traits communs avec le capitaine Dreyfus… Dreyfus était un personnage falot, plutôt en retrait, Ghosn a disons une personnalité appuyée, c’est un personnage qui ose tout, avec notamment sa dernière sortie en date : aujourd’hui, dans Le Figaro, Ghosn attaque Renault aux prudhommes, réclamant ses droits à la retraite, un peu moins de 800.000 euros par an, en voilà un qui a atteint l’âge pivot, sans préjudice, bien entendu, des autres sommes que Renault lui doit selon lui. 

Ghosn n’est pas un nouveau Dreyfus mais un nouveau Kerviel. En premier lieu, parce que c’est son désir de domination, sa cupidité diront certains, sa volonté de devenir empereur qui l’ont mené là où il est. Mais c’est surtout parce que Ghosn divise les Français et d’abord les Français de gauche. A priori, un PDG accusé de fraude fiscale — je fais court — cela ne peut pas plaire à la gauche. Eh bien pourtant si. Comme cela a été rappelé ici, notamment par Frédéric Says, Jean Luc Mélenchon a expliqué qu’on ne pouvait pas reprocher à Ghosn son désir de s’évader, Mélenchon retrouvant là l’un des vieux réflexe de la gauche, le refus de la prison, un réflexe conséquent puisque si la gauche est contre la prison, elle est contre toutes les prisons, y compris les prisons de PDG. De la même façon Kerviel, trader voulant surpasser les autres traders, Kerviel en est venu à symboliser la folie des banques, et la démence de la finance, alors qu’il aurait pu uniquement passer pour un fraudeur. 

Et c’est cela qui rend l’affaire Ghosn clivante. Carlos Ghosn a-t-il eu raison de préférer la liberté, ou a bien a-t-il eu le tort de frauder le fisc, pour ensuite piétiner la justice japonais ? Je suis sûr que pendant des semaines les Français vont s’écharper pour savoir s’il a eu raison de se faire la malle ou s’il a mal agi…

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