LE DIRECT
En France, tout commence par une gifle et finit en farine

En France, tout commence par une gifle et finit en farine

2 min

Le président de la République giflé, le chef de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon enfariné. On a parlé d'anarchistes d'extrême droite, pour le premier. Le second, l’enfarineur était peut-être un souverainiste mondialiste.

En France, tout commence par une gifle et finit en farine
En France, tout commence par une gifle et finit en farine Crédits : Nam Nguyen / EyeEm - Getty

En tout cas, dans les deux cas, on a affaire à un vrai gloubi boulga idéologique, une forme de dénonciation de la politique qui ne s'accompagne d'aucun discours, construit d'aucune proposition. 

Alors, on s'en voudrait de mythifier le passé, surtout les Ravaillac et autres Caserio, l'assassin du président Sadi Carnot, en 1894 à Lyon. Mais dans les deux cas, il s'agissait de perpétrer un crime au nom d'une religion. C'était religion contre religion, religion séculière contre une autre religion séculière. 

La seule chose qui demeure peut-être d'un geste à l’autre, même si les premiers étaient un crime et les seconds une bouffonnerie - le gifleur d'Emmanuel Macron avait d'abord songé à lancer un œuf, le second a apporté la farine - la seule chose qui demeure, c'est finalement la conception sacrée du politique.

Le « sacré » venant du « sacer » et le « sacer », désignant à la fois celui qui est distingué pour être au dessus des hommes, mais aussi celui qui est distingué pour être en deçà, créature impure et abominable. Cela a été notamment étudié par l’anthropologue James Fraser, pour qui de nombreuses tribus traitent le roi à la fois comme un dieu et un pestiféré. 

L'attitude vis-à-vis de la personne du roi est marquée par une profonde ambivalence. Pourtant, pour certains anthropologues le roi est perçu comme un monstre, tout simplement parce qu'il accomplit des actes monstrueux, brisant des tabous terribles, à l'instar de l'inceste. Preuve qu'il a des pouvoirs surnaturels, mais aussi une impureté sans limites. Le roi est à la fois doté de pouvoirs magiques et il est abominable. Le commun des mortels doit se protéger des pouvoirs surnaturels du chef. 

C'est probablement ce qui perdure dans ces drôles de cérémonies qui incitent aujourd'hui certains hommes à lancer de la farine sur le roi, sur le roi putatif. Dire que tous les politiques sont corrompus est une phrase qu'il faut rattacher à la vieille croyance selon laquelle les chefs ont violé le tabou. Et c'est parce qu'ils aspirent à nous servir de totem qu'ils ont piétiné le tabou. 

L'équipe
Production

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......