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Et vous, êtes-vous prêt à faire vos courses au rayon « vrac » ?

2 min

On ne peut pas dire que le Conseil d’État soit saisi de n’importe quoi en France.

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. Crédits : picture alliance - Getty

Parce que vous, si je vous demande si vous préférez acheter des noix de cajou en paquet ou bien avec une petite pelle, dans un distributeur, pour les mettre dans un sachet en papier ou n’importe quel récipient que vous auriez acheté à cet effet, vous n’aurez peut-être pas d’avis, vous seriez comment dire ? partagé. 

Mais pas le Conseil d’État, c'est une institution qui a un peu réponse à tout, comme le Littré. Le Conseil d'Etat vient d’écarter - c’est ce que je lis dans Les Écho - l’article 34 de la loi Climat. Il affiche l’objectif suivant : 20 % de la surface d’un hypermarché doit être consacré à la vente en vrac. Donc la France est un pays  où l’on peut légiférer sur la vente en vrac des noix de cajou, et dans lequel un organe administratif, le Conseil d’État en l’occurrence, peut juger que  non, il n’y aura pas de vente en vrac. Et peut-être que demain, on aura un grand débat sur les mouchoirs jetables, ou sur le fait de laisser le robinet couler lorsqu’on se lave les dents. 

Alors loin de moi de trancher la question du vrac, ici c’est le rôle du camarade Hervé Gardette dans sa Transition, aux environs de 8h48. En revanche, je m’interroge sur les forces contraires qui s’attachent aujourd’hui à la  question du vrac. D’un coté on comprend bien l’intérêt du vrac, lequel est évidemment plus économe en emballage divers et variés, dont de nombreux produits usent et abusent. De l’autre, celui qui n’a jamais été  frappé par le caractère abusif des prix du vrac n’a probablement jamais  acheté de choses en vrac – l’idée c’est peut-être que pour que ce soit plus écologique, il faut aussi que ce soit plus cher ? 

Pour le reste, j’ai l’impression de toute façon que le lancement du vrac arrive de manière sacrément intempestive. C’est-à-dire que pour fêter les un an du Covid, période où chacun hésite à toucher un bouton de porte (où l’on propose des crochets qui permettent d’attraper une poignée de porte sans devoir se doucher ensuite au gel hydroalcoolique), je ne suis pas sûr que l’on soit encore prêt à acheter les céréales du petit dernier dans un tonneau. 

À moins bien sûr qu’il faille se laver les mains avant de se servir au rayon vrac, mais à ce sujet je n’ai pas encore de certitude : le Conseil d’État ne s’est pas encore prononcé.  

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