LE DIRECT
Une partie des candidats aux municipales de Paris 2020 : Cédric Villani, Danielle Simonnet, Serge Federbusch, Rachida Dati, Anne Hidalgo, Marcel Campion, Gaspard Gantzer et David Belliard

Comment gagner une élection

1 min

Surtout, ne plus rien faire. Mieux, ne plus rien dire.

Une partie des candidats aux municipales de Paris 2020 : Cédric Villani, Danielle Simonnet, Serge Federbusch, Rachida Dati, Anne Hidalgo, Marcel Campion, Gaspard Gantzer et David Belliard
Une partie des candidats aux municipales de Paris 2020 : Cédric Villani, Danielle Simonnet, Serge Federbusch, Rachida Dati, Anne Hidalgo, Marcel Campion, Gaspard Gantzer et David Belliard Crédits : Joël SAGET, Bertrand GUAY - AFP

Voilà le conseil que je donnerais à Anne Hidalgo si je dirigeais sa campagne. Silence absolu : vos adversaires travaillent pour vous. Les municipales à Paris : un boulevard.

La violence du débat politique et l'hypermnésie des réseaux sociaux concourent à ce que la meilleure des stratégies pour conquérir le pouvoir (ou pour le garder) soit celle de l'ascèse. Les politiques, comme les chanteurs (#Jean-Jacques Goldman) ne sont jamais aussi populaires que lorsqu'ils se taisent. Et lorsqu'ils attendent. Ainsi va la politique désormais, qui consiste à faire davantage confiance en ses adversaires qu'en ses propres troupes pour mettre tout le monde d'accord sur la ligne d'arrivée.

Souvenons-nous de quelques anciens scrutins. François Hollande serait-il devenu président si Dominique Strauss-Kahn n'avait fait le séjour de trop au Sofitel ? Emmanuel Macron lui aurait-il succédé si François Fillon n'avait pas eu le souci de rester élégant en toutes circonstances, et à moindre frais ?

La péripétie de campagne, pour ignoble qu'elle soit (comme vient de la vivre Benjamin Griveaux) est une variable qui ne doit plus être négligée, quand bien même aucun algorithme ne peut la prévoir.

Dans Les Tuches 3, ce grand film politique considéré à tort comme une simple pochade, Jeff Tuche, le chef de famille incarné par Jean-Paul Rouve, se désole que le TGV qui passe par son village ne s'y arrête pas. Pour obtenir gain de cause, il se présente à la présidentielle. C'est un plouc, il n'a aucune chance. Il va néanmoins remporter le concours, le concours des circonstances. Les autres candidats ont trempé dans des affaires : faute de combattants, le voilà à l'Elysée.

Je vois bien qu'il y a un biais à mon raisonnement. La maire de Paris n'est pas en position de challenger mais de favorite. La logique voudrait donc qu'on aille chercher son successeur non pas en haut des sondages mais tout en bas. Et tout en bas, au ras des pâquerettes, il y a Marcel Campion.

Marcel Campion, maire de Paris ?! Le pire dans cette histoire, c'est qu'aujourd'hui, on ne peut même plus écarter une telle hypothèse.

L'équipe

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......