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"Ce qui ne vous est plus loisible avec cette décision, c’est de changer de communauté imaginée en collant un sticker sur votre plaque"

L'autocollant et la plaque d'immatriculation : la France est un pays bien administré

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On ne pourra plus dire qu’en France, on ne se soucie pas des détails. C’est un camarade auditeur, Yves, qui s’en est ému : il n’est plus possible de déposer sur sa plaque d’immatriculation un autocollant régional censé désigner une origine géographique.

"Ce qui ne vous est plus loisible avec cette décision, c’est de changer de communauté imaginée en collant un sticker sur votre plaque"
"Ce qui ne vous est plus loisible avec cette décision, c’est de changer de communauté imaginée en collant un sticker sur votre plaque" Crédits : PHOTOPQR/SUD OUEST - Maxppp

Si vous êtes concernés il faut vite que vous le décolliez, sinon c’est la taule : 135 euros d’amende pour circulation d’un véhicule à moteur avec une plaque d’immatriculation non-conforme. Et si en plus vous récidivez, ce sera 750 euros. Et si en plus ou simultanément vous bafouez le couvre-feu… mais ça, c’est une autre histoire.

Si j’en crois L’Union de Reims, la Cour de cassation a tranché : tous les caractères visibles sur un véhicule doivent venir d’un fabriquant homologué, sinon concurrence déloyale, l’autocollant valant moins cher qu’un jeu de plaque. Alors pour les uns c’est un détail, pour les autres c’est un pas de plus dans la bureaucratisation de la plaque d’immatriculation. Ce qui ne vous est plus loisible avec cette décision, c’est de changer de communauté imaginée en collant un sticker sur votre plaque, et donc d’en changer à loisir. Voilà pourtant une pratique qui permettait un autre aménagement du territoire parce que grâce à ces autocollants, la Corse était le second département en termes de population. Dans un embouteillage, vous aviez de fortes chances de vous retrouver derrière une tête de maure, alors même que la Corse ne rassemble guère plus de 340 000 habitants. La raison de cette surreprésentation corse puise probablement dans l’imaginaire de la France : les automobilistes imaginaient que la tête de maure était un signe de puissance censé témoigner du caractère peu commode du conducteur, l’équivalent départemental de l’autocollant jadis prisé : « karatéka pratiquant dans la voiture ». 

A contrario, un autocollant était pratique pour camoufler le « 75 » infamant. Il n’y a rien de plus compliqué à assumer que l’on soit à Marseille ou en période de confinement, ce qui est fréquent par les temps qui courent, que d'avoir un « 75 » sur sa plaque d’immatriculation. Bref, lorsque l’on en a un, on est presque toujours à côté de la plaque. Heureusement la loi veille : fini les autocollants ! Seuls les grincheux diront que cette réforme de la plaque est de la politique proche du caniveau. 

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