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Tinder

Ca c'est un angle, coco !

2 min

En ces temps de contestation de la réforme des retraites, les chaines d'info rivalisent pour trouver des angles originaux...

Tinder
Tinder Crédits : Martin BUREAU - AFP

Mettons-nous un instant à la place des chaînes d’information en cette  période d’étirement du conflit autour de la réforme des retraites : il  faut une sacrée inventivité pour renouveler les sujets au quotidien. 

Jusqu’à ces derniers jours, j’avais décerné ma palme toute personnelle à ma  consœur de France Info, Justine Leclercq, partie de Paris à bicyclette  le 5 décembre dernier pour rejoindre, quelques heures plus tard, le  lieu-dit ‘La Retraite’ en Ardèche. Mission accomplie. Idée géniale. 

Qu’elle me pardonne : je suis contraint de la destituer au profit de BFM Paris. Sur cette chaîne (que je connais mal), il y a une émission consacrée aux  réseaux sociaux. Au sommaire de celle de jeudi dernier, cette chronique :  ‘’les ‘dates’ Tinder en danger’’. 

Petite explication de texte. Une ‘date’, c’est un rendez-vous ; Tinder, c’est une application qui permet de draguer en ligne. Dans  un périmètre défini par vos soins, vous sélectionnez (ou pas) d’autres  profils, et lorsque ça matche, vous convenez d’une ‘date’ pour vous  rencontrer, voire plus si affinités. 

Sauf qu’avec le mouvement social, tout devient plus compliqué. Les  ‘dates’ sont en danger, comme en témoigne ce message posté sur Twitter :  ‘’avec cette grève, j’ai réduit mon rayon de recherche sur Tinder à 5km. Du coup, ça réduit aussi mon niveau d’exigence’’. Croyez-le  ou non mais sur BFM Paris, ils ont réussi à tenir 3 minutes avec ce seul tweet (il est vrai qu’à l’heure du journalisme contemporain, c’est  largement suffisant pour remplir l’antenne) 

Osons  quelques suggestions pour enrichir le stock : une interview de l’ancien  présentateur d’Apostrophes pour évoquer l’âge pivot ; celle d’un  champion de Scrabble pour commenter la nomination du nouveau secrétaire  d’Etat aux retraites, Pietraszewski (mot compte triple) ; ou encore, soyons fous, un débat avec des éditorialistes qui ne connaissent rien au  sujet. 

J’en conviens, c’est idiot, mais il faut s’attendre à tout. Et pas seulement sur les chaines d’info. Je  me souviens d’un rédacteur en chef qui m’avait demandé, le jour de la  mort du Commandant Cousteau, d’aller faire un reportage dans un magasin  de bonnet (rapport au bonnet rouge du commandant).  C’est dire si je compatis. 

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