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Photo prise le 23 août 2020 à Lisbonne au Portugal lors du match de la finale de la Ligue des champions opposant le Paris Saint-Germain au Bayern de Munich.

Quand le malheur des autres provoque une joie mauvaise

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C’est donc perdu pour le Paris Saint Germain...

Photo prise le 23 août 2020 à Lisbonne au Portugal lors du match de la finale de la Ligue des champions opposant le Paris Saint-Germain au Bayern de Munich.
Photo prise le 23 août 2020 à Lisbonne au Portugal lors du match de la finale de la Ligue des champions opposant le Paris Saint-Germain au Bayern de Munich. Crédits : LLUIS GENE - AFP

Le PSG ne remportera pas la ligue des champions, le Bayern Munich a marqué à la 59è minute, et ce but permet aux Bavarois d’être sacrés champions… D’où une immense déception à Paris, une immense déception qui a été contrebalancée à Marseille par une vraie fête, puisque comme l’explique le journal "Le Parisien" ce matin, les Marseillais ont célébré la victoire du Bayern sur le PSG. 

« Je supporte l’OM et n’importe quelle équipe qui joue contre Paris » expliquait cette nuit un supporter de l’équipe phocéenne. Il faut dire que la défaite du PSG permet à l’OM de demeurer la seule équipe française à avoir remporté la ligue des champions - c’était en 1993. Et cette joie marseillaise, suite aux déboires parisiens, est une expression supplémentaire de la Schadenfreude chère à Freud. 

Schadenfreude, de Schaden, le dommage, le malheur ; et Freude, la joie, ce concept qui désigne en allemand la joie mauvaise qui nous envahit aux malheurs d’autrui. La Schadenfreude est cette sensation que tout être humain honnête éprouve, celle selon laquelle il ne sert à rien d’être heureux si les autres ne sont pas malheureux. Avoir remporté la ligue des champions, pour l’équipe marseillaise, c’est bien, mais ça n’est rien par rapport à ce sublime spectacle de voir Paris perdre ce soir. Un sentiment que l’on peut bien sûr reprocher aux Marseillais d’avoir laissé éclater publiquement, mais une sensation finalement familière à tout individu. La Schadenfreude est un mécanisme d’une incroyable force, largement plus puissant que la solidarité ou la fraternité même s’il est évidemment largement moins avouable. Il explique qu’une équipe de foot française se réjouisse des échecs d’une autre, de la même façon qu’un membre d’un parti politique fêtera, en privé, la défaite de l’un des siens, surtout s’il a failli l’emporter… Souvenez-vous ainsi comment à droite, on s’est félicité de la défaite de VGE en 1981, tandis qu’à gauche, on en a vu plus d’un se féliciter des déboires de Jospin en 2002. C’est malheureux de l’avouer, le malheur des autres n’est pas un but en soi, mais malgré tout, c’est fou comme un but encaissé par les autres peut nous rendre heureux.

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