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Reconstitution historique d'un bivouac lors de la bataille de Verdun. 2018.

Une polémique historique sur la guerre de 14-18

2 min

Ou en tout cas une polémique d’histoire, rapportée par exemple par le parisien du jour. Verdun serait gommé des programmes d’histoire.

Reconstitution historique d'un bivouac lors de la bataille de Verdun. 2018.
Reconstitution historique d'un bivouac lors de la bataille de Verdun. 2018. Crédits : FRANCOIS NASCIMBENI / AFP - AFP

Le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer assure que c’est vrai et faux, ce qui veut dire plus précisément que Verdun n’est plus dans les programmes mais que l’on continuera bien entendu à étudier cette bataille – d’où la question suivante: à quoi servent les programmes si l’on continue à étudier ce qui n’est pas au programme? Pour le reste, la bataille de Verdun serait donc mise de coté, ce qui peut surprendre. Verdun c’est 300000 morts, 400000 blessés, et pourtant les élèves de 1eres générales pourraient ne plus l’étudier et cela au profit de la bataille de la somme, alors qu’il s’agit d’une bataille plus modeste, enfin modeste le terme est idiot puisqu’il s’agit de 200000 morts, 200000 morts français, mais pour le reste, 500 000 Britanniques et 500 000 Allemands. 

Les unités se sont succédé sur le terrain en cinq mois de combats : 1,5 million d'Allemands, 2,5 millions de Britanniques et Français ont participé à la bataille. D’où une nouvelle version du mort kilomètre, le mort kilomètre, vous connaissez: plus un mort est lointain, moins il importe. Là, il s’agit de savoir s’il faut privilégier le nombre de morts français, dans lequel cas on reste sur Verdun, ou bien rechercher le nombre de morts global, auquel cas on choisirait la Somme. C’est cela la nouveauté: raconter une autre histoire de l’histoire, l’histoire patriotique de la guerre de 14-18 s’efface au profit d’une histoire humaine, peu importe que les morts soient français ou pas, ce qui compte, ce sont ces vies gâchées, tandis que pour d’autres, un mort doit être des nôtres. Si cet oubli de la bataille de Verdun fait jurisprudence, alors il va falloir réécrire la seconde guerre mondiale dans les manuels, oublier la France, Europe de l’ouest, pour évoquer la guerre à l’est, et la bataille de l’Atlantique. Une manière de voire qu’une autre guerre est possible. Et pourtant, je ne suis pas sur que l’oubli de Verdun soit une bonne chose, l’oubli d’une époque ou l’on pouvait mourir pour la patrie hélas… Car c’est cela qui a changé depuis un siècle, le nationalisme a beau bien se porter, le nationalisme c’est la guerre, comme le disait Mitterrand, dans plus aucun pays européen une classe d’Age n’accepterait de refaire Verdun ou la somme. C’est cela probablement l’enseignement de cette guerre: il faut parfois bien du courage pour être lâche.

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