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Zou bisou bisou et coronavirus

1 min

Le coronavirus nous débarrasse d’un certain fardeau… Oui, le bisou.

Crédits : Oliver Rossi - Getty

Avouez que le bisou vous pèse, combien de temps passez-vous chaque matin, voire chaque soir, à bizouiller vos prochains lors de l’arrivée au bureau — embrassons-nous foldingues — le bisou pas magique du tout est une forme de spécialité française dont le coronavirus vient heureusement de nous exonérer. De la même façon que l’amour au temps du choléra, mais sur un mode mineur, le bisou au temps du coronavirus est proscrit, fini le bisou. 

Il faudra un jour s’interroger sur la relation anthropologique que la France entretient avec le bisou, alors même que les autres pays sont plutôt peu friands de contact physique entre collègues de travail, voire entre connaissances… A moins qu’il s’agisse de gommer une fois pour toutes les distinctions entre les différents points de l’hexagone. Evidemment, rien de moins politiquement correct que de trouver une différence entre Paris et le reste de la France… Et effectivement, plus rien ne distingue la capitale de ce qui l’entoure : à Lyon on marche avec des chaussures, en Aveyron on a cessé de consommer de la viande humaine, sauf peut-être le nombre de bises que l’on alloue à son prochain. 

Comment vous n’avez jamais remarqué ? A Paris on fait deux bises, tandis qu’en province on en accorde trois. Si vous ne faites pas trois bises à Crest, on en déduit immédiatement que vous êtes fâchés. Pourquoi en fait-on deux sans trois à Paris ? On pourrait bien sûr imaginer que ce soit par manque de temps, mais ce serait accréditer le mythe selon lequel à Paris on ne perd pas une minute alors qu’en province le temps est gratuit. Autre hypothèse : chercher dans les symboliques respectives du deux et du trois. Il y aurait deux bises à Paris parce que la capitale possède deux rives, parce que là-bas tout y clive, droite et gauche, bourgeois contre bobos. Les régions préféreraient le chiffre trois, parce que le trois incarne la synthèse radicale socialiste, ou bien pour indiquer une permanence de la trinité chrétienne. 

Grace au virus, ces temps-ci, c’est zéro pour tout le monde. 

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