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Message du groupe Altice aux abonnés de Free.

L’information n’est pas une marchandise comme les autres

2 min

Non, non, c’est une marchandise pire que les autres. C’est une marchandise plus compliquée que les autres.

Message du groupe Altice aux abonnés de Free.
Message du groupe Altice aux abonnés de Free. Crédits : Altice / BFM TV

Je m’explique : le destin d’un kilo de pomme de terre est assez simple à décrire. Ou bien vous achetez le kilo de pomme de terre, ou bien vous ne l’achetez pas. Et, si vous décidez de l’acheter, alors vous devrez payer le prix du kilo de pomme de terre — j’en ai récemment vu à 10 euros les 10 kilos — et pour les acheter, il ne faut pas verser 20 centimes à celui qui a fabriqué le filet, 3 euros à l’agriculteur, 6,80 euros à celui qui les revend. 

Si je vous dis cela, c’est que pour 10 kilos de BFM TV, les choses ne sont pas aussi claires. Supposons que vous vouliez acheter 10 kilos de BFM TV — c’est une supposition mais soyez sympa dites que vous voulez — vous avez le problème suivant : à qui devez-vous les payer ? A BFM, autrement dit au groupe Altice, ou bien au fournisseur d’accès qui vous permet indirectement de capter BFM, comme les plus de 18,5 millions de Foyers français qui regardent BFM via une box Free ou Orange ? Aujourd’hui, un désaccord sur le prix à payer entre Free et les chaînes du groupe Altice fait que vous ne pouvez plus regarder ces chaînes sur votre box Free. Un même désaccord pourrait conduire Orange à cesser la diffusion de BFM TV et consort.

Le dilemme est assez cornélien. Pour le faire court, ces entreprises ne sont pas d’accord sur qui doit payer : est-ce la chaîne qui bénéficie ainsi de la diffusion, ou bien le fournisseur d’accès qui peut ainsi proposer la diffusion de la chaîne parmi ses services ? Ils sont en désaccord sur les sommes à régler, en conséquence de quoi, cette diffusion pourrait cesser. Voilà une situation entièrement nouvelle puisqu’elle signifie qu’une société tiers, en l’occurrence Free ou Orange, peut décider ou non de l’information qui transite sur son canal. On avait perdu l’habitude de cela depuis internet, depuis la désintermédiation, depuis le moment où avec internet je pouvais décider de regarder ce que je voulais, sans passer par un tiers distributeur.

C’était oublier que le pouvoir d’internet, c’est aussi le pouvoir du tuyau, et que la neutralité du tuyau n’est pas neutre. En somme, avec internet, l’information demeure une marchandise, mais on ne sait plus à qui on doit la payer. 

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