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Les caprices de la masculinité.

Un tiers des hommes ont déjà connu un fiasco

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Oui, un tiers des hommes ont déjà connu un fiasco au sens stendhalien du terme, c’est l’IFOP qui l’affirme, comme nous l’apprend le journal Libération aujourd’hui.

Les caprices de la masculinité.
Les caprices de la masculinité. Crédits : Getty

Pour autant, on ne peut pas en conclure que 67 % des Français ont connu le plaisir postérieurement ou conjointement avec leur partenaire, on ne peut pas tirer ce type de conclusion car nous ignorons le nombre de sans opinion. 

Un tiers des Français ont déjà connu un fiasco, mais seuls 36 % des intéressés en ont parlé, un chiffre terrible, puisqu’il veut dire qu’un grand nombre de nos compatriotes pense peut-être que cela ne s’est pas remarqué… 

Un tiers des Français ont déjà connu un fiasco, l’IFOP ne nous dit pas également combien de Français ont la flaccidité pour tout horizon, ceux qui ressemblent à « l’impassible Octave » cet homme que Stendhal décrivait affublé d’« Une imagination passionnée (qui) le portait à s’exagérer les bonheurs dont il ne pouvait jouir ». 

Un tiers des hommes ont déjà connu un fiasco, 11 % dans l’année qui vient de s’écouler, j’adore la précision des sondages, on n’attend plus que le chiffre après la virgule. J’imagine que 11 % des Français tiennent un journal de leur vie amoureuse et lorsque l’IFOP les appelle, ils relisent ce journal et ils répondent. C’est un peu ce que faisait Montaigne lorsqu’il se plaignait des caprices de la masculinité, notamment dans ce chapitre des Essais intitulé « De l’imagination » oui il écrivait « On a raison de remarquer l’indocile liberté de ce membre, s’ingérant si importunément, lors que nous n’en avons que faire, et défaillant si opportunément ». 

Oui, mais Montaigne et Stendhal évoquaient l’imagination, ses vices et ses malices, aujourd’hui ce sondage évoque, je cite, une affection sous médicalisée et sous diagnostiqué, une belle façon de traduire le langage amoureux en volapük Top Santé. Trop de français arrivent en avance, nous ne tenons même plus nos promesses, celles d’être perpétuellement en retard, et au lieu de nous consoler avec de la littérature on nous propose désormais une pilule de l’après, la pilule du lendemain, pour pouvoir enfin dire « Tous ensemble, tous ensemble ! »

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