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Tony Parker, n°9 des San Antonio Spurs, le 21/03/2016.

Le « Winner Take All » de la retraite de Tony Parker

2 min

Et oui, tous vos journaux l’évoquent, même ceux qui ne se soucient absolument pas de basket, après 20 saisons professionnelles, dont 18 aux Etats Unis, Tony Parker, le meneur de jeu de 37 ans a donc décidé de mettre un terme à sa carrière.

Tony Parker, n°9 des San Antonio Spurs, le 21/03/2016.
Tony Parker, n°9 des San Antonio Spurs, le 21/03/2016. Crédits : STREETER LECKA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA - AFP

Et les réactions vis-à-vis de ce départ nous renseignent plus sur l’époque plutôt que sur le basket, un sport auquel on peut s’intéresser ou pas… Alors, avouez qu’il y a quand même quelque chose d’étonnant dans le fait d’admettre sans sourciller qu’une personne prenne sa retraite à 37 ans, alors même que d’ordinaire je crois que les régimes spéciaux de retraite indignent. Bien sûr, cette retraite précoce se justifie par l’exigence physique de cette profession, et précisément, Tony Parker a déjà particulièrement duré. Mais au-delà de ça, il y a le fait que Parker prenne sa retraite avec une retraite panier, puisqu’il s’agit de basket, les sommes amassées durant sa carrière lui permettent d’entreprendre, une manière là aussi de voir comment la valorisation du travail d’un sportif est sans commune mesure par rapport à la valorisation du travail commun. 

Alors on connaît les explications, les sommes que les sportifs rapportent, etc. Eh bien je vais en rajouter une autre, qu’aux Etats-Unis on appelle le « Winner Take All », autrement dit le « gagnant prend tout ». Finalement, si l’on s’est si bien habitué à ces inégalités, c’est parce que le principe du « gagnant prend tout » nous est devenu complètement familier, on l’a complètement intégré, même si l’on en connaît pas le nom. Le « Winner Take All », c’est l’idée que les uns prennent tout et que les autres se partagent le reste, l’idée qu’il y a une telle différence entre le premier et le second que cette différence est impossible à combler. 

Tony Parker c’est le « Winner Take All », ce n’est pas tellement qu’il a surplombé le basket pendant toutes ces années, c’est le fait qu’au terme de cette carrière, un immense écart l’a gratifié, lui, plutôt que le second, second d’ailleurs dont tous les ignorants du basket, dont je fais partie, ignorent le nom. 

Le « Winner Take All » est une conséquence de ce qu’on appelle aussi « l’effet Mathieu », du nom des évangiles selon Saint-Mathieu, où il est dit qu’à ceux qui ont tout, tout sera donné au surplus. Tony Parker a marqué le haut du panier, et la morale du basket, c’est que le panier aujourd’hui a un haut, mais n’a plus de bas.

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