LE DIRECT
Maintenant que le Royaume-Uni n’est plus là, la langue anglaise perd sa dimension impérialiste pour n’être plus qu’un outil technique bien commode pour qui veut communiquer tout en se faisant comprendre.

On va enfin pouvoir parler anglais en Europe

2 min

Good morning Julie. Welcome in Brussels. The heart of Europe. It’s nice to hear you from the other side of the town of Quiévrain.

Maintenant que le Royaume-Uni n’est plus là, la langue anglaise perd sa dimension impérialiste pour n’être plus qu’un outil technique bien commode pour qui veut communiquer tout en se faisant comprendre.
Maintenant que le Royaume-Uni n’est plus là, la langue anglaise perd sa dimension impérialiste pour n’être plus qu’un outil technique bien commode pour qui veut communiquer tout en se faisant comprendre. Crédits : Chakrapong Worathat / EyeEm - Getty

Oui, je parle anglais. Du moins j’essaie. Et oui, au mieux c’est anachronique, au pire une provocation, que d’utiliser encore cette langue à proximité des institutions de l’Union européenne, lesquelles ne se sont pas encore remises du départ fracassant du Royaume-Uni.

Le fait est que sans les Anglais (et sans les Gallois et les Ecossais), la langue anglaise devient ultra minoritaire parmi les 27. Ils ne sont plus que 2 pays à l’avoir pour ‘dialecte’ officiel : l’Irlande…et Malte, eu égard à son passé d’ancienne colonie de sa Majesté.

Ce qui, quand vous ajoutez la population de l’une avec celle de l’autre, ne représente que 5.5 millions d’habitants, soit à peine plus de 1% de la démographie globale de l’Union.

Avec le Brexit, c’est l’occasion rêvée pour les Européens de s’affranchir de la tutelle de l’anglais, qui, pour n’être qu’une des langues officielles de l’UE, en était, de loin, la plus utilisée. 

Mais le rêve pourrait bien virer, si ce n’est au cauchemar, du moins à la cacophonie. Laquelle va prendre le relais ? Le Français ? L’Allemand ? L’Italien ? L’Espagnol ? Le Polonais ?

En laissant la place vacante, les Britanniques ont fait un cadeau empoisonné à leurs anciens collègues, leur départ pouvant conduire à rebabéliser les travées du Parlement et de la Commission, chaque groupe national revendiquant de ne plus parler que dans sa langue.

Reste alors une solution pour écarter le spectre de la désunion : que tout le monde ne parle plus qu’anglais. Après tout, maintenant que le Royaume-Uni n’est plus là, la langue anglaise perd sa dimension impérialiste pour n’être plus qu’un outil technique bien commode pour qui veut communiquer tout en se faisant comprendre.

Adoptable par tous puisque désormais sans véritable port d’attache (les Irlandais ont le gaëllique, Malte a le maltais), l’anglais peut enfin s’imposer comme LA langue officielle de l’Union européenne, sans vexer personne.

De là à imaginer que c’était le véritable objectif du Brexit : ce serait un sacré coup de Trafalgar, isn’t it ?O

L'équipe

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......