LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Friedrich A. Hayek à l'Université de Chicago en 1960.

Friedrich Hayek

3 min

Aujourd’hui dans l’actualité, un seul homme, Friedrich Hayek… Oui, c’est peut-être un peu excessif comme formulation, mais j’ai voulu attirer votre attention…

Friedrich A. Hayek à l'Université de Chicago en 1960.
Friedrich A. Hayek à l'Université de Chicago en 1960. Crédits : Bettmann - Getty

Hayek, un économiste très peu connu en France — prix Nobel d’économie en 1974, mort en 1992 à l’âge de 92 ans — est de plus en plus commenté, comme par exemple dans un écrit du groupe Jean-Pierre Vernant, réunion d’universitaires de gauche, lesquels font d’Hayek un précurseur des idées fascistoïdes actuelles, depuis le gouvernement actuel, que le groupe Jean-Pierre Vernant n’aime pas, jusqu’à Steve Bannon, l’un des inspirateurs de la campagne de Trump. 

Or, moi, Hayek m’obsède parce que l’on trouve chez lui le pire et le meilleur. Le meilleur, dans un livre publié en 1944, La route de la servitude, il formalise une critique d’une rare lucidité sur la nature des totalitarismes, nazisme et stalinisme: pour lui le fascisme est le stade auquel on aboutit quand le stalinisme a échoué. A ses yeux, lorsqu’un gouvernement prétend régir l’économie, il finit par tout planifier, y compris l’existence intime des individus. C’est pourquoi Hayek présente l’individualisme, non pas comme une forme d’égoïsme, mais au contraire comme une attitude d’humilité à l’égard du processus social. C’est parce que je ne peux pas savoir ce qui est bon pour mon prochain, et ce que mon prochain considère comme bon pour lui, que je me garderais bien de dire quoi que ce soit à ce sujet, explique-t-il, et en cela la pensée d’Hayek peut être une justification par exemple du mariage pour tous. 

Oui, mais il n’y a pas que ça chez Hayek, il y a aussi le pire, et le pire c’est par exemple son soutien à des dictatures, oui des dictatures, et c’est cela qui est singulier chez lui : construire l’une des critiques les plus convaincantes du totalitarisme pour finir en défendant une dictature. C’est ainsi que parmi les admirateurs d’Hayek, devenu une idole parmi les anticommunistes, on trouvait le dictateur d’un pays dont on parle beaucoup en ce moment, le Chili. Augusto Pinochet, puisqu’il s’agissait de lui, admirait Hayek et il l’invita à venir lui rendre visite, ce que notre ex-défenseur de la liberté accepta. Hayek visita plusieurs fois le Chili à partir de 1973, il rencontra plusieurs fois Pinochet. Et il justifia la politique de Pinochet complètement incroyables comme celle-ci : «  personnellement je préfère un dictateur libéral plutôt qu'un gouvernement démocratique manquant de libéralisme. ». La dictature au nom de la liberté, le concept était vraiment disruptif, ce qui vous permet de faire d’Hayek au choix, un penseur de la liberté ou de la dictature. 

L'équipe
Production
Réalisation
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......