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Statue grecque

La voix de Zeus

2 min

Après les dessins animés, c'est au tour des jeux vidéos de faire appel à de "vrais" comédiens... une disparition, toute en pixels, est-elle à l'œuvre ?

Statue grecque
Statue grecque Crédits : tiburonstudios - Getty

Si je vous dis Lionnel Astier, ça ne vous dira peut-être pas grand-chose.

Son visage est un peu plus ‘parlant’ : le comédien a incarné pendant des années un des personnages de la série parodique Kaamelott sur M6, une revisite de la légende du roi Arthur.

Si je vous en parle ce matin, c’est parce que j’ai vu son nom et son visage il y a quelques jours dans le métro, non pas pour une pièce de théâtre ni pour un film de cinéma, mais sur une affiche publicitaire pour un jeu vidéo : Immortals Fenyx Rising.

Avec cette mention censée appâter le chaland : ‘’Lionnel Astier est la voix de Zeus’’ ! (j’en déduis que Zeus est un des personnages de ce jeu)

Ma première réaction a été de me dire qu’à son tour, l’industrie du jeu vidéo cédait à cette étrange manie qui consiste à prendre des acteurs connus pour incarner des personnages fictifs.

C’est devenu systématique pour les films d’animation, et je n’ai jamais très bien compris pourquoi ces films s’entichent de vedettes plutôt que de laisser la place aux vrais professionnels du doublage, dans la mesure où les comédiens déforment leurs voix pour se glisser dans la peau des héros de dessins animés, si bien qu’on ne les reconnait presque jamais.

Or voilà que le jeu vidéo en fait lui aussi un instrument de promotion.

Keanu Reeves, connu pour son rôle dans Matrix, interprète ainsi le personnage principal de Cyberpunk 2077, qui était annoncé comme la grande nouveauté de cette fin d’année (le lancement ne s’est pas passé comme prévu, mais c’est un autre sujet) 

On peut voir dans cette extension du domaine de la comédie le triomphe des acteurs en chair et en os sur le monde virtuel.

Le second serait incapable de se passer des premiers.

Mais en fait, n’est-ce pas le phénomène inverse auquel nous sommes en train d’assister, les comédiens se faisant progressivement absorber par des personnages pixellisés, jusqu’à disparaitre totalement de l’écran ?

Et si c’était ça l’avenir pour le monde du spectacle vivant ?

Je gamberge sans doute à cause du confinement et j’ai peut-être un peu trop lu les nouvelles de Philip K.Dick ces derniers jours, mais je ne serai pas plus étonné que ça si la prochaine fois que j’appelle la hotline de mon fournisseur d’énergie ou celle de mon opérateur téléphonique, j’entends, à l’autre bout du fil, la voix de Sophie Marceau ou celle de Gérard Depardieu.

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