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Barack Obama et Ruth Bader Ginsburg

Et si Ruth Bader Ginsburg avait accepté de démissionner…

2 min

L’histoire que je vais vous raconter est rapportée par le New York Times. En Juillet 2013, le président Barack Obama a invité la juge Ruth Bader Ginsburg à déjeuner à la maison blanche.

Barack Obama et Ruth Bader Ginsburg
Barack Obama et Ruth Bader Ginsburg Crédits : NICHOLAS KAMM - AFP

Néanmoins, il ne s’agissait pas d’un déjeuner comme les autres, des précautions particulières avaient été prises pour que ce rendez-vous soit le plus discret possible. J’ignore ce qu’ils ont mangé, mais au menu des discussions, un sujet central, central et contourné puisqu’impossible à aborder frontalement : la démission de la juge Ruth Bader Ginsburg de la cour suprême des états unis. 

Ruth Bader Ginsburg était alors âgée de 80 ans. Elle avait déjà affronté deux cancers. Le président Obama dû mobiliser tout son sens de la diplomatie pour évoquer les élections de mi-mandat de 2014, et la perspective pour les démocrates de perdre la majorité au sénat. Mais Ruth Bader Ginsburg refusa d’entendre ce que Barack Obama avait à lui dire. Interrogée quelques temps plus tard sur le motif de ce déjeuner, et sur les propositions qu’aurait pu lui faire le président, elle se contenta de dire que l’éventualité de quitter la cour suprême la regardait elle, et elle seule. 

Alors bien évidemment, aujourd’hui les démocrates américains regrettent cette occasion manquée. Si l’icône Ruth Bader Ginsburg avait accepté de quitter la cour il y a sept ans, Donald Trump n’aurait pas aujourd’hui la possibilité de nommer sa remplaçante. 

Voilà une histoire fascinante : elle raconte l’affrontement chez chaque femme ou homme de pouvoir entre l’éthique de conviction et l’éthique de responsabilité. La conviction ne veut pas entendre parler de démission – on est juge à la cour suprême comme on est pape, et même s’il arrive aujourd’hui que les papes raccrochent la tiare, Ruth Bader Ginsburg n’est pas de ce bois-là. Elle a toutes les raisons de penser que la personne qui lui succédera sera moins compétente, moins aiguisée, moins travailleuse qu’elle. Oui. Mais de l’autre côté, il y a l’éthique de responsabilité, s’effacer pour permettre à son camp et à ses idées, de triompher, savoir quand il est tard et qu’il est temps de dire au revoir. Parce que la postérité se souvient mieux de la sortie que de l'entrée dans la carrière. 

Il s’est écoulé sept ans entre ce déjeuner à la maison blanche et la disparition de Ruth Bader Ginsburg. Aujourd’hui commence la bataille pour sa postérité, et les icones, à la différence des mortels, continuent à vivre après leur mort.  

Articles du New York Times

The Quiet 2013 Lunch That Could Have Altered Supreme Court History

Why Ruth Bader Ginsburg Refused to Step Down 

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