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Compost.

Prière de composter

2 min

Et vous, qu’est-ce que vous comptez faire après votre mort ?

Compost.
Compost. Crédits : JUSTIN SULLIVAN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA - AFP

Oui, je suis désolé de vous poser cette question de si bon matin, mais mon rôle c’est de vous informer et là je suis bien obligé de vous dire que l’on est à la veille d’une révolution en matière de pratique funéraire. Alors, jusqu’ici le choix qui vous était proposé était relativement simple — dans l’hexagone je veux dire — c’était en gros l’enterrement ou la crémation. Quel ennui. Toujours la même chose, aucune variété. 

Heureusement l’inventivité humaine est là et c’est pourquoi voilà enfin du nouveau : le compost humain. Et si vous décidiez, et si on décidait de devenir du compost humain ? Enfin un peu de vie dans la mort, c’est une proposition que me souffle Le Parisien du jour, et je me devais de vous en parler. La méthode est très simple : on retire au défunt ses vêtement, ses bijoux, bref tout ce qui n’est pas biodégradable. On le met dans un linceul, évidemment biodégradable. On recouvre le macchabée de paille et de feuilles mortes. Après trois mois on retire tout ça et hop, les chairs ont été décomposées, il ne reste plus qu’à broyer les os, c’est vraiment sympa. Et a l’issue de tout cela vous obtenez 1m3 de compost, c’est ce que l’on appelle l’humusation du défunt. 

La technologie est au point, la pratique déjà en vigueur dans l’état de Washington — les Américains sont toujours en avance, il ne faut jamais l’oublier. Alors, évidemment, c’est expérimental donc ça coûte un peu cher, 5 000 dollars pour tenir compagnie aux vers de terre. Mais d’un autre côté, vous vous payez cela une seule fois dans votre vie, alors autant se faire plaisir, les linceuls n’ont pas de poches, surtout ceux qui se transforment en compost. Par ailleurs, le corps humain fait un très bon compost nous disent les spécialistes, nous voilà rassuré. 

Bon cela suppose encore que la législation française évolue, pour le moment ça n’est hélas pas possible. C’est une bonne raison de mourir le plus tard possible, pour pouvoir enfin réaliser son rêve, devenir du compost. Avec un slogan tout trouvé pour ces pompes funèbres d’un nouveau genre, « prière de composter », puisqu’au-delà de cette limite votre ticket n’est plus valable.

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