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Jean-Marie Gourio en 2014.

Il se passe des choses sur les chaînes d’info en continu…

2 min

Absolument, Jean-Marie Gourio, auteur des brèves de comptoir est devenu rédacteur en chef de la plupart des chaînes d’info en continu, LCI, CNews…

Jean-Marie Gourio en 2014.
Jean-Marie Gourio en 2014. Crédits : FRANCOIS LO PRESTI - AFP

Absolument, Jean-Marie Gourio, auteur des brèves de comptoir est devenu rédacteur en chef de la plupart des chaînes d’info en continu, LCI, CNews… Gourio travaille beaucoup pour organiser ces débats qui se succèdent sur les chaînes d’info en continu. Par exemple, pour la seule journée d’hier, il a nourri deux saillies remarquées, deux tirades remarquables. La première expliquait, je cite, que lorsque l’on « est au SMIC, faut peut-être pas divorcer ». L’autre exigeait que la police, je cite toujours, tire à balles réelles dans le cas de violences urbaines, comme ce qui s’est passé à Chanteloup-les-Vignes. Ces deux assertions n’en doutez pas, sont de vraies brèves de comptoir signées Jean-Marie Gourio ; elles renvoient un peu à cette maxime, « il est con comme un iceberg, trois fois plus con que ce qu’on voit ». 

C’est Gourio qui est devenu rédacteur en chef de chaînes d’info en continu, ou bien, et cela revient au même, c’est le monde de l’information, ou ce qu’il en reste, qui s’est twitterisé, comme si Twitter devenait le mode normal de commentaire de l’actualité, non pas uniquement en raison de la forme brève, mais pour la dimension arbitraire et subjective qui permet l’énonciation de tous les avis. 

Cette évolution marque l’avènement du troisième âge du commentaire d’actualité. Il y eut jadis à l’époque des fondateurs, un régime de certitude où l’on avait la sensation de dire des choses scientifiques sur la réalité sociale, une certitude qui est progressivement partie en lambeaux. Puis on est passé à un régime d’opinion, où les idéologies, les valeurs avaient droit de cité. Mais là aussi ce régime-là s’est fait la malle. Voilà l’avènement du régime de l’avis ! J’ai un avis, un avis lié à ma subjectivité, ce qui me traverse l’esprit au moment où je vous parle — les smicards ne devraient pas divorcer, les policiers devraient tirer sur les jeunes violents, c’est ce que je pense et voilà tout — le régime de l’avis emporte tout, ce que je pense du divorce, des violences urbaines, des voyages spatiaux,…

Je n’ai lu aucun livre et la chair est triste, ou, comme le dit Gourio, « un livre sera toujours moins fort qu’un litre de vin pour modifier ce que tu penses ».

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