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Chou kale en forme de coeur. Photo prise en Italie. Collection : DigitalVision

Le trollage, un mal contemporain ?

2 min

Le trollage est ce que le philosophe Ian Hacking appelait une maladie mentale transitoire. Chez nos contemporains, le trollage est le propre des réseaux sociaux en général et de Twitter en particulier. Est-il encore possible d'éviter les trolls, de ne pas les réveiller ?

Chou kale en forme de coeur. Photo prise en Italie. Collection : DigitalVision
Chou kale en forme de coeur. Photo prise en Italie. Collection : DigitalVision Crédits : Patrizia Savarese - Getty

Didier Raoult est-il vraiment Charlie ? Oui, ça c’est pour le réveil des trolls… Car je cherche ce qui les réveille, les haters, les haineux, et ce qui les laisse impassibles… 

Depuis quelques semaines je me suis lancé dans une petite expérience de psychologie sociale : j’essaye de trouver l’humeur neutre, je veux dire le billet, la chronique de 6h57, qui ne réveillera aucun troll, qui ne provoquera aucune réaction haineuse, grossière et pire si affinité. Eh bien autant vous dire que pour l’instant, j’ai échoué. Pourtant, ce n’est pas faute d’avoir essayé. Au début, j’ai commis une vraie erreur d’appréciation. J’ai consacré un billet au biais de confirmation (Comment des pare-brises de voiture peuvent-ils éclairer l’affaire des chevaux mutilés ?) , un mécanisme sociologique, pour tenter d’éclairer les morts inexpliquées de chevaux, pas toutes les morts, mais une partie d’entre elles, celles qui avaient été jugées naturelles par un enquêteur. Pas de bol, cela a été perçu comme une insulte pour les amoureux des chevaux, alors même que j’en suis, je leur réitère mes erreurs. Alors je me suis dit que j’allais faire du consensuel, un gentil papier pour me reposer, sur le vélo (Guerre interne dans le petit monde du vélo). C’est sympa le vélo, « à bicyclette » comme chantait Montand, « devant Paulette  » etc. Caramba encore raté. Les trolls étaient là qui me reprochèrent ma coupable incompréhension des pédales de vélo de course. Et c’est à ce moment-là qu’a resurgi, pour une raison que j’ignore, une humeur que j’avais consacrée jadis au chou kale (C’en est fini du chou kale). C’est sympa le chou kale. Ou pas d’ailleurs. Mais a priori on aurait tendance à penser que l’on peut mourir pour des idées, se battre pour la droite, la gauche, ce que vous voudrez, mais pas pour un légume. Eh bien on avait tort. Déluge de protestation des amoureux du chou kale, comme s’il y avait un sacré pour les légumes. Alors voilà mon hypothèse : le troll, le troll anonyme, c’est une tautologie puisque le troll est toujours anonyme. Le trollage est ce que le philosophe Ian Hacking appelait une maladie mentale transitoire. Hacking a analysé des troubles qui naissent à une époque et disparaissent à d’autres, les vertiges, les hallucinations, les hystéries. A mon sens, cette haine-là portée par les réseaux sociaux en général, mais en réalité et surtout sur Tweeter, est très précisément une maladie mentale transitoire. Dans quelques années, elle disparaitra et alors comme certains sont devenus dingues en prenant du LSD, une partie de nos contemporains se demanderont comment et pourquoi ils avaient réussi à se perdre en leur temps sur Twitter. 

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