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La coiffure défie-t-elle les lois économiques habituelles ?

Jacques Dessange nous a quittés…

2 min

Et c’est un coiffeur de star qui n’est plus, mais cela c’est en réalité un détail, car il y a infiniment plus important dans l’œuvre de Dessange, Dessange s’est attaqué à l’un des problèmes économiques les plus sérieux au monde, les plus sérieux de la galaxie, la productivité de la coiffure.

La coiffure défie-t-elle les lois économiques habituelles ?
La coiffure défie-t-elle les lois économiques habituelles ? Crédits : Stevica Mrdja / EyeEm - Getty

Alors je sais que dit comme cela, vous avez la frange dans les yeux, vous ne voyez pas pourquoi la coiffure est une question économique terriblement sérieuse. Pour le comprendre il faut faire un détour par un auteur oublié, l’économiste Jean Fourastié, un homme qui gagne à être connu puisqu’on lui doit notamment l’expression Trente Glorieuses. 

Trente Glorieuses pour signifier que soudainement le niveau de vie des Français s’accroît, notamment parce que la productivité s’accroît de manière gigantesque, les Français gagnent plus parce qu’ils produisent plus, la période est productiviste. 

Les chiffres de Fourastié sont ébouriffants pour demeurer dans le domaine capillaire… Une personne nourrit 1,7 personne en 1700, 26 personnes en 1975, autrement dit la productivité de l'agriculture a bondi, avec les problèmes d’engrais que cela pose aujourd’hui mais cela n’est pas ce qui intérresse Fourastié. Les individus produisent plus, et leur niveau de vie bondit. Grâce à la mécanisation, un homme seul produit le travail de 25 hommes en 1900, 40 en 1938, 85 en 1965, et 124 en 1975. 

À ce stade de la démonstration vous vous demandez probablement quel est le rapport entre la mort de Jacques Dessange et l’élévation du niveau de vie. Eh bien voilà : la productivité s’accroît nous dit Fourastié, sauf dans un domaine : la coiffure. Parce qu’un agriculteur peut labourer 26 champs en 1975, quand il ne pouvait en travailler qu’un seul en 1700, mais un coiffeur coupe toujours autant de cheveux en 1700 qu’en 1975. 

Autrement dit, le prix de la coiffure est un étalon fixe de la hausse du niveau de vie, un marqueur très sûr de l’évolution du pouvoir d’achat d’une société, parce que dit Fourastié, il faut toujours autant de temps au merlan pour officier. Je l’ai encore vérifié récemment, je me suis fait couper les cheveux en Espagne j’en ai eu pour 9 euros, cela me coûte 20 euros dans la drome, 27 à Paris, trois indices de la cherté de la vie… 

Eh bien Jacques Dessange en créant des franchises à tenté de gagner plus en coupant plus, autrement dit d’industrialiser la coupe de cheveux. En d’autres termes, il a tenté de démontrer qu’un coiffeur pouvait montrer à un économiste qu’il avait tort

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