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Gandhi, théoricien et défenseur de la non violence. Photo datant du 1er mai 1944.

Et si l’on rappelait le pouvoir de la non violence ?

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Dans "Le pouvoir de la non-violence. Pourquoi la résistance civile est efficace" qui vient d'être traduit en français aux éditions Calmann Levy, deux spécialistes américaines des relations internationales, Erica Chenoweth et Maria Stephan reviennent sur la réussite de la résistance non violente.

Gandhi, théoricien et défenseur de la non violence. Photo datant du 1er mai 1944.
Gandhi, théoricien et défenseur de la non violence. Photo datant du 1er mai 1944. Crédits : Dinodia Photos / Collection : Hulton Archive - Getty

Rappeler le pouvoir de la non violence ? Cela peut paraître étrange, Gandhi est mort et enterré. En plein soulèvement à Jérusalem, alors que l’armée en Birmanie a pris le pouvoir, j’ai envie de vous parler d’un ouvrage dont la lecture m’a marqué, un ouvrage qui vient d’être traduit en français : "Le pouvoir de la non-violence", de deux spécialistes américaines des relations internationales, Erica Chenoweth et Maria Stephan, "Le pouvoir de la non-violence, pourquoi la résistance civile est efficace"

Ce livre n’est pas un ouvrage inspiré par Gandhi, Lanza del Vasto ou une autre grande figure spirituelle prônant le refus de la violence. C’est un ouvrage relevant d’une approche « no nonsense », un livre de sciences politiques comme les Américains les aiment avec beaucoup de statistiques et d’exemples. La thèse du livre est simple : les campagnes de résistance non violentes réussissent mieux que les campagnes violentes, autrement dit, elles aboutissent plus facilement au but recherché – renverser un pouvoir colonial ou autoritaire – mais aussi et surtout, elles aboutissent plus souvent à mettre en place un régime démocratique. Pour parvenir à cette conclusion, les deux auteures étudient 323 campagnes de résistances violentes et non violentes, de 1900 à 2006. Et voilà ce qu’elles concluent : « les pays dans lesquels des mouvements de résistance non violents sont parvenus à la victoire ont une bien meilleure chance d’aboutir à la démocratie dans les cinq ans. Et quand bien même cette résistance échouerait, elle aura posé les jalons d’un développement démocratique ultérieur ». 

Et pour étayer cette thèse, elles étudient l’insurrection birmane de 1988, le mouvement du pouvoir du peuple aux Philippines, 1983-1986 ou bien encore la première intifada palestinienne de 1987 à 1992. De leur avis, c’est cette intifada, non violente qui a le mieux réussi à faire plier l’armée d’occupation israélienne. La lecture de ce livre, particulièrement en ce moment, est salutaire. Elle donne tort au vieux Marx et plus généralement à toutes les visions romantiques de la révolte, par exemple cette vieille antienne marxiste selon laquelle « la violence est l’accoucheuse de toute vieille société grosse d’une société nouvelle ». Eh bien non, le Marx ou crève, en matière de lutte, cela conduit le plus souvent à reconduire un pouvoir autoritaire. C’est signé Erica Chenoweth et Maria Stephan, "Pouvoir de la non-violence" (ed. Calmann Levy ).

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