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Clémentine Autain, Manon Aubry et Esther Benbassa dansent contre la réforme des retraites.

Danse avec l'élue

2 min

Le corps est un étrange objet. Selon l’individu auquel il appartient, sa mise en mouvement peut donner des résultats esthétiques diamétralement opposés : c’est ce qui différencie quelqu’un qui sait danser de quelqu’un qui ne sait pas.

Clémentine Autain, Manon Aubry et Esther Benbassa dansent contre la réforme des retraites.
Clémentine Autain, Manon Aubry et Esther Benbassa dansent contre la réforme des retraites. Crédits : @Clem_Autain - Twitter

Autant le dire tout de suite, j’appartiens à la deuxième catégorie. Raison pour laquelle je ne vais plus manifester. Car vous l’avez peut-être remarqué : désormais, toute manif qui se respecte suppose qu’on s’y déhanche sur d’étranges chorégraphies. Les chants et les banderoles ne suffisent plus pour se faire remarquer. Si tu veux passer au JT, il faut savoir bouger.

Ce sont les danseuses de l’Opéra qui ont lancé le mouvement, juste avant Noël. Leur ballet improvisé sur le parvis du palais Garnier, pour marquer leur opposition à la réforme des retraites, était impeccablement synchronisé, ce qui est la moindre des choses pour des personnes dont c’est le métier.

Mais fallait-il que ce petit moment de grâce en inspire d’autres, beaucoup plus discutables ? Après les ballerines, les avocats. Même motif : les retraites. Mais un tout autre sens du rythme. Les avez-vous vu balbutier un ersatz de danse country à Versailles, un hakka néo-zélandais à Bobigny ? Instants gênants, comme quand on surprend ses parents au plus mauvais moment. Le constat s’impose de visu : pour bien danser, mieux vaut porter un petit tutu qu’une longue robe d’avocat.

Le point Godwyn de ma perplexité ne fut pourtant atteint qu’hier matin, en découvrant une vidéo sur les réseaux sociaux : Esther Benbassa, Manon Aubry, Clémentine Autain… toutes députées, au milieu d’une petite troupe, venues danser, à proximité de l’Assemblée, contre la réforme des retraites, sur un air connu des années 80, et dans une tenue évoquant la ménagère féministe des années 50 : bleu de travail, gants de vaisselle et bandana rouge.

Était-ce ridicule ? Ou plutôt amusant ? Considérant que le pas chaloupé et le déhanchement de bassin n’est pas ce que j’attends en priorité d’un ou d’une élu/e de la nation, je m’apprêtais à choisir l’option 1. C’est alors que, sous les vidéos, j’ai lu les commentaires hargneux des professionnels du genre, tous ces vendeurs de moraline qui prolifèrent sur les réseaux sociaux. Finalement, je choisis l’option 2.

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